S’il a été consulté par les décideurs avant les élections de la Fédération algérienne de football (FAF), c’est qu’il a du poids. Et quand on a du poids, on peut faire pencher les balances. Charaf-Eddine Amara a, sans surprise, été élu président de la Fédération algérienne de football (FAF). Son principal objectif reste, comme il l’a révélé, de mettre en conformité les statuts de la FAF avec ceux de la FIFA. Toutefois, la préoccupation première sera de montrer à Djamel Belmadi, sélectionneur national, qu’il aura toute la liberté d’exercer son travail et poursuivre son projet.

Par Mohamed Touileb
Le successeur de Kheireddine Zetchi n’a surtout pas voulu donner tort à Djamel Belmadi en estimant que le premier responsable de la barre technique de l’EN « a eu raison de réagir de cette façon. Il est dans la posture d’un sélectionneur qui défend son équipe. Il a estimé qu’il y a eu des menaces de perturbation, il a réagi et je trouve qu’il a raison.»

Soutien public pour gagner la confiance
Par ailleurs, le 17e patron de l’instance footballistique depuis sa création a indiqué que « Djamel Belmadi veut la paix et la quiétude pour son équipe. C’est tout à fait normal et je le soutiens dans la défense de son équipe. » Cette déclaration a été faite dans la foulée de son avènement sur le trône fédéral jeudi dernier à l’issue de l’Assemblée générale avec 75 voix pour, 12 contres et 1 bulletin nul pour celui qui était unique candidat au poste.
Belmadi a longtemps voulu rester loin de l’enjeu politico-sportif de ce scrutin. Il avait publiquement et catégoriquement insisté pour que son nom ne soit pas récupéré par quiconque. Une précision qu’il avait déjà faite en février dernier depuis Sidi Bel-Abbès. A l’époque, certains noms ont commencé à évoquer la personne du driver des Fennecs telle une carte à faire valoir dans un gros poker menteur. Une partie terminée par la postulation d’un seul homme auxquels les autres lièvres ont dégagé la voie sur injonctions.

La qualif’ au Mondial vitale pour bien lancer le mandat
Naturellement, Amara et Belmadi seront « condamnés » à travailler ensemble. Le PDG de Madar Holding veut absolument commencer cette collaboration du bon pied. Et il ne veut pas froisser l’ancien entraîneur d’Al-Duhail (Qatar) qui n’a pas vraiment digéré le fait d’être contraint de travailler sans Zetchi avec lequel le courant passait parfaitement. Désormais, les jeux sont faits.
Place aux enjeux et les prochains défis qui attendent « El-Khadra » avec les éliminatoires, qui débutent en juin prochain, de la Coupe du Monde 2022.
Une échéance importante qui donnera les premiers contours du mandat d’Amara. Dans cette optique, le nouveau maître des lieux à Dely Brahim assure que « la Fédération algérienne de football est obligée de réunir toutes les conditions au sélectionneur national. En plus de cette obligation réglementaire, morale, et aussi l’obligation conditionnée par la réussite de notre sélection, il y a aussi un engagement personnel. Nous allons fournir au sélectionneur national tout ce dont il a besoin. Je l’ai maintes fois répété : nous allons donner les moyens pas seulement à l’équipe A, mais à toutes les sélections nationales. L’équipe nationale est la vitrine de l’Algérie. Belmadi a réussi de grands résultats avec elle. Nous sommes obligés de lui fournir tous les moyens pour qu’il continue à réaliser les bonnes performances et apporter de la joie au peuple algérien.»
Il est clair que le lancer avec une qualification pour le rendez-vous quadriennal reste le plus idéal des scénarios. Pour cela, il faudra que Belmadi travaille dans un bon environnement. Chose qu’Amara semble disposé à lui offrir. Il n’a pas forcément le choix à vrai dire.