Le successeur de Mohamed Abdou Bouderbala à la tête d’Air Algérie sera nommé, aujourd’hui, à l’occasion de la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire, convoquée en catastrophe, afin de mettre un terme à une situation de navigation à vue dans laquelle se trouve la compagnie nationale de transport aérien.

Au-delà de cette nomination, il aura surtout pour mission de redresser l’entreprise, de mener à bon port un projet de filialisation qui traîne toujours comme un boulet au pied, de rationaliser les ressources tant financières qu’humaines, etc. Le fil conducteur, réformer une compagnie de fond en comble de sorte que le management prenne en charge les notions d’une gestion moderne et économique d’une entreprise. L’Etat propriétaire, représenté par le ministère de tutelle, réfléchit à doter la compagnie de moyens lui permettant de faire face à la concurrence et d’aller à la conquête de nouveaux horizons, dont le marché africain. Sur plusieurs marchés, Air Algérie est en perte de vitesse par rapport à ses concurrents qui, pourtant, ne bénéficient que de peu, voire nullement du soutien de l’Etat propriétaire. Quoi qu’il en soit, le besoin d’améliorer les prestations du Pavillon national est pressant, une condition sine qua non avant d’aller affronter les concurrents sur les marchés « non conventionnels ». Embarqué depuis peu dans l’ambition de renforcer sa présence sur le marché africain, le rêve n’a jusqu’ici point dépassé le stade d’une simple vision, à l’heure où la concurrence fait rage entre concurrents de longue date. Il était question que les nouvelles acquisitions de la compagnie nationale servent d’accélérateur au projet de renforcer sa présence sur le marché africain. Quatre lignes devaient être inaugurées dès le début de cet exercice, reliant Alger à Conakry (Guinée), Banjul (Gambie), Cotonou (Bénin) et Lomé (Togo). L’«africanisation» d’Air Algérie n’a, cependant, avancé que de quelques «miles», loin de constituer une réelle avancée tant en termes économiques qu’en volume.
Cette année, devait marquer aussi le renforcement de la flotte et une présence plus prononcée sur le marché nord-américain, asiatique et européen. C’est dire toute la responsabilité dont héritera le nouveau patron du Pavillon national qui, outre le renforcement de la présence d’Air Algérie sur plusieurs marchés, devrait conduire, également, à bon port le projet de filialisation de la compagnie. Validé par le Conseil de participations de l’Etat depuis plusieurs mois déjà, le projet porte sur la création de quatre filiales qui permettent à Air Algérie de proposer un éventail de prestations en relation avec son métier de base, le transport aérien. Initialement, le projet de restructuration de la compagnie publique devait donner corps à quatre sociétés par actions dont Air Algérie sera le principal actionnaire. Il était question de donner naissance à une filiale catering, à une société dédiée au transport de marchandises, une filiale de handling et une quatrième société spécialisée dans la maintenance et la réparation au service d’Air Algérie et d’autres compagnies. La compagnie publique comptait beaucoup sur la diversification de ses prestations afin de migrer vers un nouveau modèle de management. Des sociétés auxiliaires dédiées à la billetterie électronique, au nettoyage des aéronefs et aux œuvres sociales devaient voir également le jour sans que cela puisse être concrétisé. Les patrons qui ont succédé à la tête de la compagnie étaient plutôt piégés par la gestion d’un sureffectif nuisible économiquement et d’une qualification ne permettant guère de faire face aux impératifs de la concurrence.
Les incidents techniques successifs inscrits sur la check-list de la compagnie de ces dernières années ont joué en défaveur des PDG. En attendant de connaître le nouveau P-DG d’Air Algérie, il est plus que jamais pressant ce besoin de restructuration et de réforme, quitte à faire des mécontents parmi les managers actuels, mais surtout parmi les milliers de salariés qui pèsent dans la trésorerie de la compagnie.