PAR NAZIM B.
La protestation des chômeurs dans la ville d’Ouargla a été marquée, hier, par une grève générale observée par l’ensemble des commerçants de la cité, la maintenant ainsi dans une ambiance tendue, avec des routes barrées dans certaines localités.
Selon certaines pages facebook dédiées à la ville d’Ouargla, la grève observée, notamment à Aïn Beïda était un «signe de solidarité avec les chômeurs manifestants» malmenés par les forces de l’ordre. Sur les réseaux sociaux circulent, également, une vidéo où un manifestant dénonce l’administration locale et les autres représentations de l’Etat qui «établissent de faux rapports» au ministère, pointant ainsi du doigt les autorités locales qui «ont complètement failli à leurs responsabilités», soutient-il.
Face à cette situation tendue depuis plusieurs jours, la ville d’Ouargla a perdu son calme en ces journées caniculaires marquées par des affrontements quotidiens, de jour comme de nuit, des pneus brûlés, des routes bloquées, caillassage et rassemblements. Le scénario se répète chaque jour et chaque nuit dans presque tous les quartiers de la ville, faisant craindre d’éventuels dérapages. C’est d’ailleurs ce que craint le Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui, par la voix de son président, constate «une montée de colère à cause de l’héritage de corruption et de l’échec continue en matière de développement».
Abderezak Makri a également désigné «une injustice dans le processus de recrutement et des chances dans le Sud du pays».
Néanmoins, le chef islamiste ne s’est pas contenté des faits observables, il cite comme cause de cette contestation « le désespoir» des jeunes qui serait accentué par «la fraude électorale lors du dernier scrutin et le retour de l’opportunisme et du clientélisme». Le MSP dit à ce propos soutenir «les revendications légitimes» des populations et la «légalité de la voie pacifique» de la contestation, condamnant «toute forme de discrimination, de régionalisme et de l’inégalité des chances dans l’emploi et le développement».
Il faut noter que l’étincelle de cette contestation a été l’affichage des offres d’emploi des entreprises pétrolières en début de semaine et qui ne répondent pas aux attentes des jeunes demandeurs d’emplois. «Les offres sont diversifiées certes, mais le nombre est très minime, contrairement à ce qu’on attendait», selon Kamel Bechoul, représentant du Comité des chômeurs. Lui ainsi que les chômeurs pensent que les postes ont été détournés comme d’habitude surtout que le chef de l’agence de l’emploi de wilaya a procédé à un changement des chefs des agences locales une semaine avant l’arrivée des offres. Selon eux, les responsables locaux au niveau de certaines agences locales, comme celles de Sidi Khouiled et Mekhadma, ont été échangés juste avant les offres ce qui explique selon eux, le caractère mafieux et malsain de la gestion de ces offres.