Le mouvement El-Islah s’est dit contre l’exclusion des partis politiques et autres organisations, apparentées au pouvoir, dans le processus de dialogue et de médiation que mène l’instance coordonnée par Karim Younès.
Son président, Filali Ghouini, s’il se refuse de nommer les parties concernées fait allusion au quatuor de l’ancienne Alliance présidentielle FLN-RND-TAJ-MPA.
Le chef d’El-Islah emboîte ainsi le pas au président du Front El Moustakbel, Abdelaziz Belaïd, qui a abondé dans le même sens devant les membres du Panel.
«Tous les partis politiques doivent être invités à participer dans la conférence inclusive, prévue au terme des consultations, afin d’élargir l’adhésion et donner plus de garanties à la réussite du dialogue et l’application de ses issues», a déclaré, hier, à Reporters, le chef islamiste. Interrogé sur l’approche d’une telle plaidoirie, alors que l’opinion publique décrie les partis du pouvoir, notamment ceux ayant soutenu l’ancien président de la République, Abdelaziz Bouteflika, Filali Ghouni se défend. «Il faut, d’abord, savoir que ce qu’a dit le panel sur cette question était un avis et non pas une décision. Ensuite, notre vision est claire et elle est contre toute exclusion, il est inutile de personnaliser cette question», a-t-il expliqué. Filali Ghouini avait soutenu, à l’issue de sa rencontre avec le panel, que le dialogue inclusif et responsable est «l’unique voie pour un consensus national entre tous les courants de la société, afin de pouvoir organiser une élection présidentielle transparente et régulière dans les plus brefs délais».
Lors d’un point de presse au terme de cette rencontre, il a relevé que sa formation politique «croit au dialogue sérieux et responsable auquel participent tous les acteurs politiques, la société civile et l’élite nationale pour parvenir au consensus national, en privilégiant l’intérêt supérieur du pays notamment en cette conjoncture difficile».
Pour ce faire, le Mouvement El-Islah propose «la révision de nombreuses lois, notamment celles inhérentes au régime électoral, et la création d’une instance nationale indépendante chargée de l’organisation et de la surveillance de l’opération électorale jusqu’à la proclamation des résultats».
Pour sa part, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) s’est refusé de répondre aux «accusations» dont il avait été la cible de la part de l’autre formation islamiste, El Bina, en l’occurrence. Le président de ce parti, issu d’une dissidence du MSP, avait précédemment déclaré que des partis déclaraient avoir refusé de rencontrer le panel de dialogue alors qu’ils se permettaient de le faire «clandestinement», allusion au parti de Makri. Cette déclaration n’a, cependant, pas laissé de marbre le coordinateur du panel qui a exigé des «explications» de la part de Bengrina. Pendant ce temps, les responsables du MSP observent un silence assourdissant à ce propos, préférant se projeter dans la rentrée sociale après avoir achevé les travaux de leur université d’été.
«Il est clair que la rentrée sociale, prévue dans quelques jours, sera
celle des revendications multiples et des défis énormes aussi bien pour les autorités que pour les acteurs politiques et associatifs», a déclaré le vice-président du MSP, Abderahmane Benferhat. «Pour ce qui est de notre position, nous sommes toujours favorables à l’organisation d’une élection présidentielle qui soit accompagnée de garanties solides et parmi elles le départ du gouvernement Bedoui qui n’a également rien apporté de nouveau», a soutenu le même responsable. «Le mouvement populaire est toujours là et nous espérons que les revendications populaires trouvent une réponse favorable notamment pour ce qui est de cette question du départ de ce gouvernement», conclut M. Benferhat.