Les motivations de la participation du MSP à l’élection présidentielle d’avril prochain vont manifestement au-delà de la consultation. C’est ce qu’a indiqué, hier, à Alger, Abderrahmane Saidi, membre du conseil consultatif et un des hommes les plus influents au sein du Mouvement de la société pour la paix (MSP).
Invité du Forum du confrère « Le Courier d’Algérie », M. Saidi a fait état d’une corrélation entre le choix de la participation et les enjeux de l’«après-élection du 18 avril ». Il a ainsi affirmé que ces élections constituent «un passage» pour une autre étape avec de nouveaux objectifs, dont des réformes constitutionnelles, le développement du pays, mais surtout le volet de l’organisation des élections dans notre pays. Pour le conférencier, ces réformes «pourront éventuellement inclure la création du poste du vice-président ainsi que la question liée à l’instauration d’une commission qui sera chargé dans le futur de gérer et contrôler les élections en Algérie». Concernant la candidature éventuelle du président Bouteflika pour sa propre succession et de savoir si elle pourra influencer la position du parti à l’égard des élections, le même acteur politique a évoqué le droit constitutionnel. «En dépit de ce que le président du mouvement Abderrazak Makri a pu dire sur cette question, moi je suis avec le droit constitutionnel que chacun pourra se présenter aux élections pourvu qu’elles se déroulent loin de la fraude», a-t-il relevé, ajoutant que cette question «n’influencera nullement notre position après que le choix a été fait pour présenter le président du parti Abderrazak Makri comme candidat». Et à M. Saïdi de rappeler que « durant les élections présidentielles de 2014, nous avons même décidé de boycotter le scrutin alors que Bouteflika n’avait même pas annoncé sa candidature ».
Pour lui, le boycott du précédent scrutin est lié à « l’absence des conditions favorables qui permettent le déroulement d’un scrutin libre et loin de la fraude électorale ». Dans son argumentaire de la participation cette fois-ci à la prochaine élection présidentielle, il dira que qu’au MSP, « nous pensons maintenant que des changements et des transformations vont se concrétiser après l’élection du 18 avril et ce sur la base de certaines données et indices». Soutenant que l’approche privilégiée par le MSP « n’a rien avoir avec l’état de santé difficile dans lequel se trouve le président Bouteflika», M. Saïdi estime que son parti se soucie plus de l’avenir de l’Algérie. « Le consensus nationale que nous adoptons nécessite aussi que nous laissons de coté le discours de confrontation. Cela n’est pas une tactique de notre part, mais le résultat d’une évaluation que nous avons établit à l’égard de l’étape précédente», a plaidé le conférencier, annonçant que le MSP «passera à une autre étape de consensus avec la classe politique par rapport à son initiative du consensus nationale». Ce dernier a ajouté, en outre, que certains volets de cette offre politique restent valable à l’instar de la continuité de la communication avec le pouvoir ».
A la question de savoir si cette approche veut dire que le mouvement pourra éventuellement participer au gouvernement après les élections, il dira que cela « reste seulement un détail dans la mesure ou ce gouvernement sera consensuel ».
Concernant une autre question liée à l’initiative du Front de la justice et du développement dirigé par Abdellah Djaballah et qui œuvre à s’entendre autour d’un candidat consensuel de l’opposition, le même acteur politique a affirmé que son parti ne s’opposera pas à une telle initiative.
«On ne s’oppose pas à cette démarche, mais nous ignorons encore le profil de ce candidat. Nous verrons après avoir pris connaissance des détails de cette initiative bien que nous savons également que cette question du candidat consensuel ne sera pas facile en comparaison avec des expériences similaires ».<