Le parti islamiste Ennahdha, dirigé par Yazid Benaïcha depuis son dernier congrès, tenu au mois de décembre 2018, qui a succédé à Mohamed Douibi, ira à la présidentielle d’avril prochain, mais pas en présentant un candidat. Le parti va appuyer une candidature externe à ses structures, sur laquelle il n’a pas encore tranché. «Nous irons vers un soutien à l’un des candidats à la prochaine présidentielle. Nous n’avons pas cette ambition de présenter un candidat qui émane du parti», nous indique une source au conseil consultatif du mouvement Ennahda. Relevant que la tendance dominante, actuellement, au sein du parti est à la participation, la même source rappelle que cette option «a toujours été le choix du parti, qui prônait la participation aux différents rendez-vous électoraux ». En Algérie, la tradition électorale favorise souvent «les gens qui ont beaucoup de moyens financiers ou qui sont proches du pouvoir», souligne la même source, qui s’interroge sur les motivations de partis politiques en déficit d’ancrage, mais qui présentent quand même un candidat. Ces partis «profitent, en effet, d’un tel contexte pour se faire connaître. Pour nous, ce souci n’existe pas. Nous sommes un parti suffisamment connu dans le pays», dira-t-il, avant d’ajouter que la décision finale «reviendra au conseil consultatif qui se réunira début février pour débattre de ce sujet». Il convient de noter, nous explique le membre du conseil consultatif, que Ennahdha ne prendra pas en considération les anciennes classifications du paysage politique. «La question du programme sera cruciale pour le choix du candidat à soutenir. Nous allons opter pour quelqu’un qui défendra les acquis sociaux, la liberté d’expression ainsi que la création d’une commission indépendante pour superviser les élections, parce que nous sommes convaincus que la crise est avant tout politique», précise-t-il. Pour ce dernier, «certains membres du parti, poussés par leur fidélité au courant islamiste, aimeraient que le parti apporte son soutien au président du MSP, Abderrezak Makri, mais il y a d’autres aussi qui préfèrent soutenir le président Bouteflika s’il décide de se présenter pour un 5e mandat».
En attendant de connaître de façon officielle la position d’Ennahdha, il est d’ores et déjà admis que le courant islamiste ira en rangs dispersés à la présidentielle d’avril prochain. La cartographie actuelle des positions des uns et autres est là aussi pour le confirmer, quand on sait que deux présidents de parti du courant islamiste ont décidé de présenter leur candidature. Il s’agit, en effet, de Abderrezak Makri, président du Mouvement de la société pour la Paix (MSP), et d’Abdelkader Bengrina, chef du Mouvement El Bina. Le Mouvement El Islah de Filali Ghouini a affirmé, de son côté, qu’il participera à la présidentielle et dit «attendre que le président Bouteflika réponde favorablement à la demande de son parti pour un cinquième mandat». Il reste manifestement la position d’Abdallah Djaballah, président du Front de la justice et du développement (FJD), qui n’est pas encore connue. Pour l’instant, c’est le seul leader islamiste qui n’a pas encore annoncé officiellement sa position. Elle sera connue vendredi prochain à l’occasion d’une réunion du parti consacrée à cette question.