Le moudjahid Othmane Belouizdad, membre du Groupe historique des 22 qui avait préparé et planifié le déclenchement de la Glorieuse Révolution de novembre 1954, décédé mercredi à l’âge de 92 ans, a été inhumé jeudi au cimetière de Sid M’Hamed, à Alger.

Les funérailles se sont déroulées en présence notamment du Conseiller à la Présidence de la République, Abdelhafidh Alahoum, représentant du Président de la République, du secrétaire général du ministère de la Défense nationale, Mohamed Salah Benbicha, du ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Laïd Rebiga, de moudjahidine, de ses proches ainsi que de simples citoyens.

Après la prière sur le mort, une unité de la garde Républicaine a rendu les honneurs au défunt. Pour M. Rebiga, le défunt moudjahid était un des “un monuments” de l’Algérie, qui a été “sincère dans son engagement” pour l’indépendance de l’Algérie contre la France coloniale.

Il a ajouté que le défunt représentait un des “symboles” de la Nation qui a épousé la cause nationale, et “un exemple de sacrifice et de patriotisme”. Pour sa part, Djaffar, fils du défunt, son père était un “vrai patriote” , un “exemple” qui lui parlait tout le temps de la glorieuse Révolution.

“Quand il me racontait des anecdotes, c’est comme si c’était un film. Je suis très fier de son parcours, on dirait qu’il avait vécu plusieurs vies”, a-t-il confié. De son côté, le moudjahid Mohamed Ghafir, dit “Moh Clichy”, un des acteurs au sein de la Fédération de France du Front de libération nationale (FLN), a indiqué que le disparition de Othmlane Belouizdad était une “grande perte” pour l’Algérie, relevant que ce dernier membre du groupe des 22 s’était sacrifié pour que l’Algérie recouvre son indépendance.

“Nos enfants doivent avoir un regard rétrospectif pour connaitre la réalité de la guerre de libération nationale” contre la France coloniale, a-t-il ajouté.

Né le 25 juillet 1929 à Belcourt (Alger), le défunt est issu d’une grande famille militante et révolutionnaire. Son frère ainé n’est autre que le militant Mohamed Belouizdad, premier responsable de l’Organisation spéciale (OS).

Sahnoune Belouizdad, son autre frère, a rendu l’âme sous la torture de la police française dans la prison d’El Harrach durant les premières années de la guerre de libération.

Motivé par l’activité militante de ses frères, le défunt moudjahid Othmane Belouizdad a rallié, dès son plus jeune âge, le Mouvement national en tant que militant au sein du Parti du peuple algérien (PPA) puis le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD).

En 1949, il rejoint l’OS où il a reçu une formation paramilitaire aux côtés de Mohamed Merzougui et Zoubir Bouadjadj. Il comptait parmi les membres importants du Comité révolutionnaire pour l’unité et de l’action (CRUA) qui avaient assisté à la réunion du groupe historique des 22 où il a été décidé de prendre les armes comme unique moyen de recouvrer l’indépendance. Ainsi, le défunt s’est vu confier la mission de diriger un groupe armée avec Benguesmia Mouloud, Harthi Mohamed dit Djillali et youcef Boustifa pour mener des attaques contre des infrastructures coloniales, dont celle contre une raffinerie à Alger dans la nuit du 1e novembre 1954.

Après son arrestation en novembre 1954, il a été transféré au centre de torture villa Mahieddine, où il a subi les pires sévices avant son transfert à la prison de Serkadji où il a purgé une peine de deux ans jusqu’en 1956. Il a été jugé ensuite par le tribunal militaire et condamné à la prison à perpétuité.

Il fut transféré à la prison d’El Harrach, puis à Lambèse (Batna), et à la prison de Constantine. En 1958, il est transféré en France où il passera 4 ans dans plusieurs prisons (Marseille, Toulouse, Béziers, Rouen et Bordeaux) avant d’être emprisonné de nouveau à la prison de Serkadji jusqu’en 1962.

Après l’indépendance, il a été désigné responsable de la Kasma des moudjahidine d’Alger jusqu’en 1967. Il s’est consacré par la suite à la gestion de son commerce dans le vieux quartier algérois de Belcourt, Mohamed Belouizdad actuellement.