Selon le Président de la République, l’Algérie a un important potentiel en matière d’économie de la connaissance qui, s’il est réalisé, lui permettrait de se positionner parmi les premiers dans la région Afrique du Nord/Moyen-Orient dans ce domaine.

Par Khaled Remouche
Dans une allocution lue par le Premier ministre Abdelaziz Djerad, à l’ouverture hier au CIC des Assises sur l’économie de la connaissance, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité de changer le modèle économique, de passer du modèle actuel, caractérisé comme rentier, à un modèle économique fondé sur la connaissance. « Notre volonté est de changer le modèle économique actuel », a-t-il soutenu. Cette transformation est devenue une urgence car l’économie fondée sur la connaissance est un levier important de développement économique, de croissance. Une telle mutation est un axe important du programme présidentiel devant être mis en oeuvre d’ici 2024.
L’Algérie, a souligné le chef de l’Etat, dispose d’atouts et de capacités qui lui permettent de se positionner en matière d’économie de la connaissance. Il a invité l’ensemble des institutions de l’Etat à s’impliquer dans la construction d’une véritable économie de la connaissance et à développer des outils d’évaluation et de suivi des acquis dans ce domaine. Il a appelé en ce sens le renforcement de l’enseignement des mathématiques et de l’informatique dans le système éducatif. A propos de ces capacités, le Président de la République a énuméré les atouts de l’Algérie dans cette activité économique qui met en jeu l’avenir de l’économie nationale. Notre pays dispose de plus de 1 600 laboratoires de recherche répartis dans 109 établissements universitaires, 2 centres d’innovation, 12 plateformes techniques pour les analyses physiques et chimiques supervisées par 62 000 enseignants chercheurs et 2 200 chercheurs permanents. L’Algérie compte également 70 maisons de l’entreprenariat auxquelles s’ajoutent plus de 44 incubateurs à ce jour qui collaborent avec des centaines de start-ups.

Redha Tir :« Une feuille de route à l’issue des Assises »
A cet égard, le chef de l’Etat a souligné l’importance extrême accordée aux parcs technologiques et aux pôles d’excellence. Il a également cité les écoles supérieures de mathématiques, d’intelligence artificielle, de robotique, des énergies renouvelables créées dans plusieurs villes du pays. Il a rappelé que le gouvernement applique un programme de développement de l’économie de la connaissance suivant, selon lui, une approche étudiée. Il a cité des réalisations dans ce domaine : le fonds de financement des start-ups, l’amélioration du climat des affaires pour les start-ups à travers des facilitations et des avantages fiscaux, la certification électronique pour sécuriser les opérations électroniques. Le ministre délégué à l’Economie de la connaissance et les start-ups Yacine El Mahdi Oualid est intervenu par la suite pour montrer de façon pédagogique l’importance de l’économie de la connaissance. Il a indiqué que sur un Smartphone intelligent, coûtant 800 dollars, 1 dollar est le coût des matières premières entrant dans la composition du portable, le reste est le fait principalement de l’économie de la connaissance. Il n’a pas manqué de signaler qu’il reste un grand effort à faire pour parvenir à cette économie de la connaissance susceptible de contribuer de manière importante à ériger une économie nationale solide. Il citera l’exemple de la part de la recherche scientifique dans le PIB du pays : moins de 1% en Algérie, plus de 3% dans les pays évolués. Il ajoutera que l’objectif de ces Assises est d’aboutir à une vision commune sur la construction de cette économie de la connaissance, à l’issue des travaux des 7 ateliers ouverts dans l’après-midi d’hier : financement de l’économie de la connaissance, promotion de l’économie de la connaissance, gouvernance, propriété intellectuelle, développement de la recherche et développement dans le secteur économique, formation, éducation et renforcement des compétences.
Redha Tir, le président du Conseil national et économique et social et de l’environnement (CNESE), co-organisateur avec le ministère précité de l’évènement, a, lui, indiqué que l’objectif de ces Assises, qui se tiennent du 29 au 30 mars, est de fixer une feuille de route destinée au gouvernement, à l’issue de ces travaux d’ateliers auxquels participent des experts, des chefs d’entreprise, des représentants du patronat, des cadres spécialisés dans les TIC et l’économie de la connaissance, des promoteurs de start-up et de hauts fonctionnaires de l’Etat.
L’éminent économiste Professeur Djeflat, dans une communication sur le sujet présenté hier, a rappelé, enfin, que l’Algérie est en retard dans le domaine de l’économie de la connaissance. Elle est devancée par le Maroc et la Tunisie. Il s’est félicité de cette volonté de développer cette économie de la connaissance. Il a présenté en conclusion de son exposé une série de suggestions, en particulier, créer un véritable écosystème favorable à l’économie de la connaissance dans chaque secteur.