La relation entre Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), et Sid-Ali Khaldi, le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), n’était pas partie sur les meilleures des bases. La dernière bévue commise par le patron de la FAF dans sa candidature pour les élections du Comité Exécutif (ComEx) de la FIFA est venue polluer, un peu plus, les rapports avec les Autorités qui s’en sont publiquement désolidarisées. Le tableau noir, dressé lors du journal télévisé de jeudi dernier, du mandat de Zetchi, confirmait la cassure. Lecture.

Le successeur de Mohamed Raouraoua s’est, certes, tiré une balle dans le pied. Et certains veulent définitivement l’achever. L’enchaînement d’évènements qui a suivi l’information faisant état du rejet de la candidature de Zetchi pour siéger au ComEx de la FIFA vient montrer, si besoin, que la tête de ce dernier est mise à prix. Avec du recul, elle l’était déjà.

La chasse est déclarée
Pour ne rien arranger, l’Etat est en train de faciliter la campagne de chasse en se désolidarisant de Zetchi. Lui qui avait, jusque-là, caché son jeu quant à sa volonté de briguer un nouveau mandat au sommet de l’instance fédérale. D’autant plus qu’il n’avait pas définitivement goudronné le terrain dans cette optique avec une mise en conformité des statuts de la FAF avec ceux de la FIFA qui lui a été bloquée.
Cette dernière mesure statutaire devait l’aider pour se débarrasser de certaines menaces. Elle aurait rendu beaucoup de potentiels prétendants inéligibles. Les mêmes qui ont, d’ailleurs, fait part de leur intention de le supplanter ces dernières 48 heures. En effet, Walid Sadi n’a pas exercé dans le football lors des 3 dernières années. Pour sa part, Mahfoud Kerbadj avait sciemment démissionné de la présidence de la Ligue de football professionnel (LFP). Ainsi, ce tandem étiqueté «raouraouiste», ne remplirait, selon les nouveaux statuts qui attendent approbations, pas les critères pour aspirer au trône. Et quand on sait que le MJS a, depuis toujours, empêché le déroulement de l’Assemblée générale pour faire passer les nouveaux amendements, on peut, légitimement, penser qu’il y a des intentions qui se cachent derrière ce blocage.

Plans de reconduction brouillés
En juin dernier, la FAF avait même écrit que «le projet de mise en conformité des Statuts de la Fédération algérienne de football (FAF) semble sérieusement déranger certains cercles qui se dépensent vainement et de manière sournoise à chahuter ce processus entamé en novembre 2019, avec comme point de départ la visite de travail effectuée par les représentants du Département conformité de l’instance internationale, en l’occurrence Mme Sarah Solemale (gouvernance services manager FIFA) et M. Rolf Tanner (juriste et chef de groupe FIFA).»
Précédemment, Salim Raouf Bernaoui, alors premier responsable du département étatique en novembre 2019, était ouvert à l’adoption de nouvelles dispositions réglementaires. C’était avant que Khaldi ne débarque avec une approche qui voulait que Zetchi soit l’incarnation de l’ancien régime car coopté par la «Issaba». Il lui a, par conséquent, déclaré une «soft war» à coup d’ordonnance qui «interdit formellement la moindre modification dans leurs statuts, règlements généraux et règlements intérieurs à l’approche des assemblées générales électives.» Circulaire basée sur la loi 13-05, relative à l’organisation des activités physiques et sportives en application du décret exécutif 14-330 qui lie les pieds et les mains du propriétaire du Paradou AC faussant sa stratégie électorale en interne.

Fragilisé par la légèreté de son SG
Outre les ambitions sur le plan national, Zetchi voulait intégrer la FIFA via son département exécutif briguant l’un des 7 sièges réservés à la CAF au sein du ComEx. Sans enlever les bâtons dans les roues qu’il avait en Algérie, le boss du siège de Dely Brahim est monté dans sa calèche pour essayer de rallier Zurich (Suisse). Mal lui en a pris. Surtout, qu’il n’a pas bien fait les choses avec un formulaire rempli, comme il l’assure, «en bonne foi» mais de la mauvaise façon. Le comble, c’est qu’il s’est avéré, selon une source digne de foi, qu’il n’avait pas personnellement fait les démarches pour ce rendez-vous hautement important.
C’est son Secrétaire général (SG) qui serait l’auteur de cette bourde. Une erreur grossière ayant enlisé Zetchi pour fragiliser, de manière très significative, sa posture le rendant vulnérable et attaquable. Elle a même valu une convocation, par la FIFA, du SG pour avoir dissimulé des informations et des correspondances importantes. Par conséquent, avec une cible dans le dos, c’est tout le monde qui s’essaie aux tirs pour tenter d’achever la bête. Et quand l’Etat ne semble pas daigner arrêter la cabale (il l’a même accentuée avec une partie du JT qui a sorti toutes les parties sombres du bilan de 4 ans), on peut -logiquement- penser que la fin est imminente. Surtout que le bouclier de la FIFA devient inexistant à partir du moment où la FAF ne s’est pas pliée aux exigences de Gianni Infantino et ses collaborateurs. Vraisemblablement fatale.