L’interview de Mohamed Maouche, ancien joueur de l’historique équipe du FLN, dans laquelle il a fustigé Kheireddine Zetchi, président de la Fédération algérienne de football (FAF), a fait écho auprès de Sid-Ali Khaldi, ministre de la Jeunesse et des Sports. Ce dernier a reçu le vétéran de 84 ans dans son bureau lundi. Le démenti de la FAF, qui assurait que les membres du glorieux team du FLN étaient intouchables au sein de l’Assemblée générale (AG) de l’instance, n’a -manifestement- pas calmé la situation. Et le MJS a, lui aussi, pris position. Et on ne peut pas dire que l’instance ait gagné des points dans cette affaire.

C’est une image qui peut signifier tant de choses. Le patron du MJS aux côtés de Maouche dans une photo légendée sur le compte officiel du ministre. « J’ai été honoré de recevoir Monsieur Mohamed Maouche, Président de la glorieuse équipe du FLN qui était là depuis les premiers instants de la Guerre de Libération. Cette équipe a aussi fait la gloire de la balle ronde algérienne après avoir reconquis la souveraineté nationale», a écrit Khaldi. En outre, le membre du gouvernement s’est dit : « privilégié de le (Maouche) voir m’offrir une photo de l’équipe historique en guise de souvenir. Il m’a aussi transmis les salutations et les encouragements des membres qui sont toujours en vie et auxquels je souhaite la longévité. Je ne vous cache pas que cette attention m’honore et m’incite à redoubler mes efforts et de détermination pour servir le sport national.»

Maouche a culpabilisé Zetchi
Maouche a donc fini par rencontrer le ministre de la Jeunesse et des Sports. Comme il comptait le faire. « Je vais écrire au ministre de la Jeunesse et des Sports ainsi que celui des Moudjahidines pour mettre fin au dérapage. Je suis prêt à aller aussi haut jusqu’à arriver au Président de la République s’il le faut », avait-il annoncé dans une interview, parue dans les colonnes du quotidien spécialisé « Compétition », assez virulente à l’encontre de Zetchi.
« Avant celui-ci (Zetchi), aucun des présidents passés par la FAF depuis 1962 n’a osé s’en prendre à l’équipe du FLN. Jusqu’à il y a quelques jours, on a été respectés, écoutés et admirés par tous dans cette assemblée. On a fait la guerre, on a patrouillé avec de grands moudjahidine à l’instar du Commandant Azzedine, on a sacrifié tout ce qu’on avait, maison, argent, carrière, famille…pour l’Algérie », s’est plaint le champion de France en 1958 avec le Stade de Reims.
Un démenti tombé dans l’oreille de sourds
L’homme de 84 ans n’a rien voulu entendre ni considérer le démenti fait par la structure footballistique qui a indiqué que « la glorieuse équipe du Front de libération nationale (FLN) n’a pas échappé aux forces du mal qui, pour semer le doute et dénigrer encore une fois la FAF, ont laissé entendre que ce symbole de l’Algérie serait écarté de la future composante de l’assemblée générale de l’instance fédérale.»
Mieux encore, la FAF a assuré que ces informations ne sont qu’« affabulations » non sans « condamner cette attitude qui consiste à porter atteinte aux symboles de la nation, et la glorieuse équipe du FLN en est un. Car non seulement la Fondation de l’équipe du FLN est présente au sein du Bureau fédéral de la FAF à travers la personne de M. Mohamed Maouche, un des huit membres toujours en vie de cette équipe légendaire, mais elle le sera également au sein de l’Assemblée générale de la fédération avec ses huit membres toujours en vie, qu’en déplaise aux négateurs de tout bord et aux ennemis de la nation.»

Zetchi en train d’être largué ?
Une mise au point tombée dans l’oreille d’un sourd. Elle n’aura pas pu contenir une polémique qui a enflé sans causes évidentes et pour des raisons mystérieuses. Ceci laisse, légitimement, croire à une déstabilisation qui vise à mettre Zetchi au bord du précipice alors que les élections fédérales se profilent. Une machination médiatique assez étrange. Surtout que le MJS n’a pas manqué de voler, dans des délais très courts, au secours de Maouche. Une position qui intervient quelques jours seulement après avoir refusé de donner une dérogation à la FAF pour qu’elle puisse avaliser certains nouveaux règlements pour ce qui est des critères électoraux. Et ce, en vue du prochain vote pour le poste de président. Intrigante succession d’événements. n