PAR NAZIM BRAHIMI
Le ministre français de l’Intérieur a entamé vendredi une visite de travail avec un menu dominé par les questions de la coopération en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme et celle de l’immigration.
Ce sont manifestement les sujets phares du séjour de Gérald Darmanin, qui se terminera aujourd’hui, un programme d’activités qui compte également une partie «privée» puisqu’il se rendra avec son épouse «dans le désert algérien où est né son grand-père».
«Le ministre porte en deuxième prénom celui de son grand-père maternel, Moussa. Moussa Ouakid est né dans le douar d’Ouled Ghalia. Il a été tirailleur algérien et résistant dans les forces françaises de l’Intérieur (FFI) en 1944», a souligné, à ce titre, l’AFP dans la dépêche annonçant la visite du ministre français en Algérie.
La question de la circulation des personnes a été présente dans tous les rendez-vous politiques et diplomatiques entre les deux parties comme c’était le cas à l’occasion de la 5e session du Comité intergouvernemental algéro-français de haut niveau qui s’est tenu les 9 et 10 octobre dernier à Alger.
«La France et l’Algérie sont appelées à relancer le dialogue autour des questions inhérentes à la circulation des personnes, à la migration et à la réadmission des personnes, conformément à la Déclaration d’Alger, dans un climat empreint de confiance et de pragmatisme», avait déclaré le premier ministre, Aïmene Benabderrahmane.
Pour ce dernier, «le partenariat exceptionnel auquel aspirent l’Algérie et la France ne doit pas se heurter à des difficultés qui seraient facilement surmontables, comme l’octroi de visas et la question du plan de sécurité réalisé par les autorités françaises, lequel ne reflète nullement la réalité de l’Algérie d’aujourd’hui».
Pour sa part, la première ministre française, Elisabeth Borne, a indiqué à RFI au terme du même événement que les échanges qui ont pu intervenir entre Gérald Darmanin et Brahim Merad «ont été très utiles».
«Je pense qu’on se comprend bien, qu’on a pu partager nos attentes réciproques, et je n’ai pas de doute que c’est quelque chose qui va pouvoir se régler maintenant rapidement.», a-t-il déclaré.
De son côté, l’ambassadeur de France à Alger, a indiqué que «la mobilité se conçoit de manière dynamique… Naturellement, il faut que ceux qui concourent à la vitalité de la relation entre la France et l’Algérie puissent se rendre plus facilement en France, le Président Macron l’avait dit, et c’est clairement dans cette perspective que nous nous situons».
Le sujet gagne manifestement en intensité à mesure qu’approche l’échéance de l’examen par l’Assemblée française du nouveau projet de loi «immigration» attendu pour début 2023 au moment où le courant de l’extrême droite française redouble de pression sur le gouvernement français pour une législation plus sévère et qui pourrait entraîner l’expulsion des Algériens en situation irrégulière sur le sol français.
Une option qui semble avoir eu les faveurs du président français, Emmanuel Macron, lequel avait affirmé, il y a presque un mois à Tunis, le principe de la «fermeté» qui commence, selon lui, à «porter ses fruits», considérant que «le coup de chauffe des derniers mois a eu de l’effet».
«On voit que les retours des migrants expulsés sont facilités», a-t-il dit.
«Je pense qu’au moins on a eu un débat de vérité ces derniers mois sur le sujet des visas», avait souligné, le chef d’Etat français, mettant en avant le fait que les personnes en situation irrégulière étaient le fruit de «trafics organisés».
Macron a ajouté, à ce propos, que «dans le cadre de notre partenariat, il faut que les pays les reprennent», a-t-il fait savoir pointant du doigt la réaction des gouvernements des pays du Maghreb.
«Le refus de reprendre des ressortissants expulsés n’est pas acceptable», a-t-il également insisté, considérant que la susceptibilité est des deux côtés et que la France a «le droit d’être susceptible aussi».
A propos des obligations de quitter le territoire français (OQTF), Gérald Darmanin avait expliqué, le 2 novembre dernier, qu’il y a «près de 50 % des OQTF qui font l’objet de recours qui les suspendent».
Il avait annoncé que «l’une des dispositions du projet de loi qui sera examiné début 2023 au Parlement est de fortement simplifier les procédures et de passer de douze à quatre catégories de recours, pour exécuter beaucoup plus rapidement les mesures».
Avant-hier, la ministre française des Affaires étrangères, Catherine Colonna, en visite au Maroc, a déclaré la fin de la crise sur les visas entre la France et le Maroc.