Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, a confirmé qu’il avait participé à deux réunions avec le représentant spécial des Etats-Unis pour le Venezuela, Elliott Abrams, pour discuter de la relation entre les deux pays, a rapporté hier la presse locale. «Nous avons tenu deux réunions au sujet desquelles je ne peux pas donner de détails car je dois respecter la confidentialité de celles-ci, mais il y a eu des réunions au cours desquelles nous nous sommes écoutés les uns et les autres», a-t-il déclaré à la télévision nationale vénézuélienne. M. Arreaza a reconnu que lors de ces réunions, «il y a eu des moments de tension, il y a des divergences profondes, mais dans le même temps il y a des préoccupations partagées et nous espérons que nous pourrons avancer sur la base de ce dialogue proposé par le département d’Etat (américain)». Le ministre a également fait savoir que les deux parties avaient discuté de l’éventualité de la formation d’un bureau d’intérêts aux Etats-Unis et d’un autre au Venezuela après la rupture de leurs relations bilatérales. M. Arreaza a révélé que le président Nicolas Maduro était informé de tous les détails de ces réunions, sans fournir plus de précisions. Samedi, le Président vénézuélien Nicolas Maduro a ordonné l’élaboration d’un plan de déploiement permanent de forces armées aux frontières du pays pour défendre celui-ci contre l’»invasion états-unienne». Au cours d’une intervention retransmise en direct sur son compte Twitter, Nicolas Maduro a annoncé le déploiement de forces militaires à la frontière vénézuélienne contre une éventuelle invasion américaine. Le Venezuela est en proie à une crise éclatée quand l’opposant Juan Guaido, renvoyé le 22 janvier du poste de président de l’Assemblée nationale vénézuélienne sur décision de la Cour suprême, s’est autoproclamé le lendemain «Président en exercice du pays» et a prêté serment au cours d’une manifestation. Le président américain, Donald Trump, l’a reconnu comme «Président par intérim». Une quarantaine de pays, dont le Royaume-Uni et l’Allemagne, en ont fait de même. La France l’a également reconnu comme «Président en charge». Le Président Nicolas Maduro a qualifié Juan Guaido de «pantin» des Etats-Unis. La Russie, la Chine et plusieurs autres pays ont, quant à eux, soutenu Nicolas Maduro en tant que Président légitime du Venezuela. Le Kremlin a qualifié la décision de certaines nations européennes d’»ingérence dans les affaires intérieures du Venezuela».