Code de l’investissement, montage automobile, industrie électroménager, exploitation des mines et autres, le ministre de l’Industrie et des Mines Ferhat Aït Ali dit ce que le gouvernement prévoit de faire.

S’exprimant au Forum du journal El Moudjahid, le ministre dévoile les grandes lignes du futur code d’investissement. Il dira que les grandes lignes de ce code s’articulent sur la libération de l’acte d’investir en réduisant le recours à l’administration. « L’investisseur n’a pas à aller dans toutes les administrations ». Le futur code obligera l’administration à donner une réponse aux investisseurs dans un délai précis. En outre, il a rassuré que le code d’investissement tiendra au moins 5 ans. Autrement dit, il mettra un terme à l’instabilité juridique qui désoriente les investisseurs. Ferhat Aït Ali fait savoir que les assises nationales sur l’investissement, organisées prochainement, seront l’occasion d’aborder toutes les questions liées à l’investissement.
Ajustement annoncé dans le secteur automobile
Evoquant le secteur de l’automobile, le ministre hausse le ton et promet des mesures radicales pour mettre de l’ordre. D’après ses déclarations, le cahier des charges, qui sera prêt dans quelques semaines, imposera des conditions fermes aux constructeurs de voitures de tourisme présents en Algérie. Des mesures qui imposent d’abord une prise de participation importante des maisons mère dans les joint-ventures algériennes. « La prise de participation du partenaire étranger sera augmentée significativement », dit-il. Une clause qui permettra de partager le risque et d’impliquer davantage le constructeur dans la mise en place de l’usine. Le constructeur sera également appelé à investir ses fonds propres en Algérie au lieu de faire appel aux banques algériennes comme ce fut le cas par le passé. Le cahier des charges impose aussi un taux d’intégration minimum au démarrage. « Nous allons exiger un certain taux d’intégration au démarrage de l’usine », a-t-il annoncé, avant de reconnaître qu’en dépit de ses lacunes, l’actuel cahier des charges n’a pas été respecté par les opérateurs activant dans le domaine. « Les constructeurs se sont transformés en fournisseurs.
C’est une manière d’éviter les charges douanières », dit-il. Enfin, il dira qu’un ou deux constructeurs seulement pourront s’adapter aux nouvelles conditions prévues par le futur cahier des charges.
Electroménager : taux d’intégration rachitique et abus de facturation
Abordant le secteur de l’électroménager, qui fait parler de lui ces dernières semaines, le ministre ne mâche pas ses mots. Pour lui, les opérateurs privés de ce secteur font de l’importation déguisée. « Il n’est pas logique d’avoir plus de 100 marques dans l’électronique et l’électroménager avec des taux d’intégration variant entre timide et nul. L’Etat ne pourra pas continuer à accorder des exonérations et des avantages à ces opérateurs », dit-il. Il enchaîne : « Il est anormal de rester au même niveau d’intégration après 20 ans d’existence. Certains osent même faire du chantage en envoyant leurs employés dans la rue. » Poursuivant son constat, il dira que ce secteur a servi de couverture pour le transfert illicite de devises vers l’étranger à travers la surfacturation. « La surfacturation dans ce secteur sert à alimenter le marché parallèle de la devise », accuse-t-il, avant d’appeler ces opérateurs à assumer leur statut d’importateurs et d’arrêter de se faire passer pour des producteurs. « L’Algérie ne gagne strictement rien avec ce modèle. Au contraire, elle perd en fiscalité et pompe dans ses réserves de change », déplore-t-il. De plus, le ministre qualifie les emplois créés par ces opérateurs de « sous qualifié » soutenus par l’Etat. Pour ce qui est de l’industrie agroalimentaire, le ministre de l’Industrie s’est montré aussi ferme avec les opérateurs qui ont un très faible taux d’intégration. « La priorité, dans le programme du gouvernement, sera donnée aux opérateurs de l’agroalimentaire qui font dans la transformation des produits locaux et la trituration », répond-il à une question. S’agissant du domaine minier, l’orateur révèle que son gouvernement a classé l’exploitation du phosphate et du zinc dans ses priorités. La mine de zinc d’Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, permettra à Algérie, une fois opérationnelle, de faire des économies en zinc. Il reste à trouver un partenaire étranger pour entamer l’exploitation de cette importante mine. Pour le phosphate, il dira que le gouvernement fera tout pour faire démarrer les projets de la Sonatrach.

L’industrie militaire pour sauver SNVI
A une question sur l’interdiction d’importation des équipements et machines d’occasion, prises par le gouvernement d’Ahmed Ouyahia, le conférencier n’écarte pas la levée de cette mesure si elle permet d’équiper le pays. Il a par ailleurs évoqué la décision d’intégrer la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) à l’industrie militaire, en précisant que l’objectif de cette démarche était de maintenir en activité cette entreprise publique, tout en offrant à l’industrie militaire des équipements au lieu que l’Etat investisse dans de nouveaux équipements.
Concernant le complexe sidérurgique d’El Hadjar, le ministre n’a pas écarté la possibilité de l’intégrer également à l’industrie militaire. « Nous avons besoin de discipline. Nous avons créé une industrie de rentiers et je pense que l’industrie militaire est la seule à pouvoir imposer une discipline de travail », a-t-il estimé.