Le premier responsable du secteur souligne que la croissance de la demande énergétique (5,6% par an) est en train d’épuiser les réserves de pétrole et de gaz et qu’il convient de conclure de nouveaux contrats sous le régime de la nouvelle loi sur les hydrocarbures pour freiner la chute de ces réserves à travers le développement de nouveaux gisements dans de nouvelles zones du domaine minier national.

Le ministre de l’Energie, invité hier de la Chaîne I de la Radio nationale, a estimé, en réponse aux questions des journalistes, les entrées en devises, tirées des exportations d’hydrocarbures en 2021, à hauteur de 28 milliards de dollars contre 22 milliards de dollars en 2020. «Les pertes de recettes de Sonatrach, en 2020, à cause de la chute des prix du pétrole et des effets de la pandémie Covid-19, se sont élevées à 10 milliards de dollars», a-t-il ajouté. Le prix moyen du baril algérien s’est situé à 42 dollars en 2020, chutant à 20 dollars en avril 2020. Le premier responsable du secteur estime qu’il sera difficile d’atteindre, en 2021, le niveau d’exportation de 2019, soit 32 milliards de dollars. L’Algérie reste donc fortement dépendante des fluctuations des prix du pétrole.
En ce sens, Abdelmadjid Attar relève que les exportations hydrocarbures représentent en valeur 96% des exportations globales du pays. Les entrées en devises du pays continuent à provenir quasiment des exportations d’hydrocarbures. Sur le prix moyen du baril en 2021, Abdelmadjid Attar l’estime à 55 dollars. Il est exclu, selon lui, qu’il atteigne les 60 dollars le premier semestre 2021. Cette hausse prévisible des prix du pétrole est née de l’espoir de l’arrivée de plusieurs vaccins contre la Covid-19 et les efforts de l’Opep + pour réduire la production. Ces pays ont renoncé, lors de la réunion de novembre dernier, à augmenter la production de 2 millions de barils/jour à partir de janvier prochain et de 500 000 barils/jour en février et mars prochains.
Le ministre a salué la décision de l’Arabie Saoudite de réduire de 2 millions de barils/jour sa production. Tout cela a fait que les prix du baril suivent une tendance haussière depuis plusieurs semaines. Ces facteurs, selon lui, confortent cette prévision de 55 dollars. Cette estimation est également confortée par la reprise prévisible du transport aérien, maritime et terrestre au courant de 2021 à la faveur de l’amélioration de la situation sanitaire avec les campagnes de vaccinations massives prévues au courant du second trimestre de l’année en cours, voire au courant de l’été prochain en Europe et en Amérique du Nord. Abdelmadjid Attar a affirmé que les prix du baril de brut pourraient atteindre les 80 dollars en 2022-23.

Alerte sur la croissance de la demande énergétique
Au cours de ce forum de la Chaîne I, le ministre de l’Energie a également tiré la sonnette d’alarme sur l’explosion de la demande. Il a souligné que la croissance de la demande énergétique (5,6% par an) est en train d’épuiser les réserves de pétrole et de gaz, le gaz représentant 50% de cette consommation, d’où la nécessité de conclure de nouveaux contrats avec les partenaires étrangers sous le régime de la nouvelle loi sur les hydrocarbures en vue de développer de nouveaux gisements de gaz et de pétrole dans de nouvelles zones du domaine minier national. Il a également relevé que 70% du parc automobile du pays roule au diesel. Ce qui pose un sérieux problème de pollution. Quant aux importations de carburants, elles sont constituées essentiellement de gasoil, d’où cette facture élevée des importations. Allusion à la nécessité de rationaliser la consommation de carburants. Le ministre de l’Energie a rappelé que l’Algérie n’importera pas de carburants en 2021. Quant à la compagnie nationale d’électricité, il a de nouveau observé que Sonelgaz serait en faillite si l’Etat n’accordait pas des subventions à cette entreprise en raison d’un tarif appliqué aux ménages très loin du prix de revient. Il a indiqué en outre que 78% de la consommation énergétique consommée ne produit aucune richesse, d’où la nécessité d’une nouvelle stratégie en la matière.

La pétrochimie en retard
Concernant Sonatrach à l’international, il a indiqué que la compagnie pétrolière nationale a découvert un petit gisement au Niger. Elle a foré deux puits dans ce pays. Elle a réalisé des découvertes en Libye mais elles n’ont pas été développées en raison de la situation sécuritaire dans ce pays. Il a indiqué que Sonatrach est en discussion avec la partie irakienne pour développer des gisements dans ce pays. Quant à la pétrochimie, il a reconnu que le développement de cette activité connaît un retard. Sonatrach, a-t-il indiqué, compte 8 projets dans son portefeuille dont 3 par effort propre, le restant en partenariat avec les compagnies étrangères. Les projets avec Total et le partenaire turc (usine de polypropylène en Turquie) sont au stade des études, a-t-il ajouté.