L’Algérie devrait désormais activer à se libérer progressivement de sa dépendance
aux marchés pétroliers et aller progressivement vers la valorisation de ses ressources d’hydrocarbures, en accordant notamment un intérêt à ses nombreuses richesses minières.

La dépendance du pays aux cours du pétrole semble de plus en plus devenir problématique et les contingences à l’échelle mondiale ne font que le confirmer. Le ministre de l’Energie Mohamed Arkab l’a rappelé dans une série d’interviews accordés à la Radio nationale. Il s’est évidemment longuement exprimé sur l’accord de réduction de la production de brut qui vient d’être conclu entre les pays de l’Opep+. Face à cette crise sanitaire de grande ampleur et devant l’arrivée de nouveaux pays producteurs, le ministre considère que l’Algérie va devoir aller vers une meilleure gestion de ses ressources. Avec 400 000 barils par jour consacrés uniquement à la demande nationale d’énergie, la facture semble lourde. Mais Arkab estime que ce niveau ne va pas impacter celui des exportations et donc l’apport en recettes pétrolières. Observant que l’Algérie n’avait pas jusqu’alors investi dans la valorisation de ses ressources pétrolières et minières en particulier, il indiquera que des efforts importants allaient être développés dans ce sens. Le pays est condamné à une transition énergétique réussie. En attendant, le secteur devrait poursuivre à gérer le dispositif actuel vers davantage de rationalisation. Le ministre annoncera à cet effet le lancement, «dans le courant de cette année de chantiers de réalisation de deux raffineries de pétrole, à Hassi Messaoud et Tiaret, aux fins de mettre un terme à la lourde facture d’importation de carburants».
L’ensemble des pays Opep et non Opep, réunis dimanche par visioconférence, sont parvenus à s’accorder sur les quotas de réduction de la production ainsi que sur la durée de cette réduction. Lors d’un point de presse, le ministre de l’Energie avait fait savoir que l’ensemble des pays Opep et non Opep ont trouvé un accord total final concernant la quantité et les différentes phases de réduction de la production, notamment le Mexique, qui avait exprimé une réticence. «Le but de cette deuxième réunion était de s’assurer des chiffres concernant l’ensemble des pays membres de cet accord trouvé jeudi. Nous devions après le premier accord réétudier les chiffres concernant l’Etat du Mexique sur la part de baisse de production pétrolière», a souligné Arkab. Selon le ministre, il s’agit d’un accord historique, ayant permis la satisfaction de l’ensemble des Etats membres qui se sont engagés à son application vigoureuse.
Pour rappel, jeudi a eu lieu une première réunion rassemblant les pays Opep+ par visioconférence durant dix heures de négociations serrées. A l’issue de cette réunion, les producteurs de pétrole, dont l’Algérie, ont convenu de réduire leur production de 10 millions de barils par jour durant les deux prochains mois, à compter du 1er mai et jusqu’à la fin juin 2020. Cette réduction devrait ensuite se poursuivre, du 1er juillet à la fin décembre 2020, mais avec une cadence inférieure, à savoir une baisse de 8 mb/j. L’accord prévoit enfin que les pays concernés par la déclaration de coopération de l’Opep+, signée en 2016, continuent leurs efforts visant à équilibrer un marché fortement ébranlé en appliquant une réduction de leur production de l’ordre de 6 mb/j à compter du 1er janvier 2021 et jusqu’à la fin avril 2022. Ainsi, cet accord historique consiste en une réduction autour de 20% de la production des 10 pays de l’Opep non exemptés de quotas (donc l’Opep hors l’Iran, le Venezuela et la Libye) et de leurs 10 partenaires de l’Opep+, à savoir la Russie, Azerbaïdjan, Brunei, Bahreïn, Guinée équatoriale, Kazakhstan, Malaisie, Oman, Soudan et Sud Soudan et le Mexique. <