Le ministre de l’Energie, M. Mustapha Guitouni, a évoqué, jeudi dernier, en marge de sa visite dans la wilaya de Tissemsilt, le marché pétrolier et la fluctuation des prix de l’or noir, annonçant qu’une rencontre des membres de l’Opep est prévue en avril prochain pour voir comment procéder au rééquilibrage du marché en cas de détérioration des cours du pétrole. Il a indiqué que de nombreux facteurs peuvent contribuer à la détérioration des prix du pétrole, comme les situations prévalant au Venezuela, en Libye et en Iran. Pour le moment, l’Opep et ses alliés dont la fédération de Russie, semblent tenir le bon bout, obtenant de bons résultats quant à l’évolution des cours du brut. Le ministre a relevé une «stabilité» entre l’offre et la demande, rappelant dans ce cadre que les membres de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont convenu, les 18 et 28 décembre dernier, de réduire la production à 1,2 million de barils/jour. L’Algérie s’est engagée à réduire sa production de pétrole, contribuant ainsi à assurer un «équilibre» entre l’offre et la demande et la «stabilité des réserves mondiales» de pétrole, a-t-il expliqué.
Mustapha Guitouni a observé que le prix du baril de pétrole est «stable» actuellement, se situant entre 60 et 61 dollars depuis le début de janvier. Le prix du panier de quatorze pétroles bruts, qui sert de référence à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, a progressé jeudi, 31 janvier, atteignant 61,19 dollars le baril, contre 60,93 dollars la veille, mercredi. Hier, les prix restaient stables en cours d’échanges européens, dans un marché toujours divisé entre les efforts de l’Opep et la baisse de la production vénézuélienne d’une part, la faiblesse de l’économie mondiale de l’autre. Vers midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, valait ainsi 60,89 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 5 cents par rapport à la clôture de jeudi. Cette remontée des cours s’explique, entre autres, par un respect assez strict de l’accord de Vienne. Toutefois, rien n’indique que cette tendance peut être considérée comme durable. Pour certains, tout est possible, une tendance à la hausse comme à la baisse. En tout cas, l’Opep et ses alliés auront fort à faire pour équilibrer durablement le marché et maintenir les prix à un niveau très élevé, dans une conjoncture pétrolière incertaine où bien des facteurs entrent en jeu et où les producteurs n’ont pas de prise sur beaucoup de risques. Au plan de l’investissement dans l’exploration, par exemple, et d’ici 2020, le recul des investissements pourrait commencer à peser sur l’accroissement de l’offre pétrolière. De fait, il deviendra difficile et compliqué de compenser à la fois la progression de la demande (autour de +1,5 million de baril/jour par an, selon certaines estimations) et le déclin naturel de la production des gisements historiques (de l’ordre de -2,5 millions de baril/jour par an). Pour maintenir la production à un niveau optimal, les producteurs doivent investir 630 milliards de dollars par an, selon l’AIE.
Or, ils n’ont investi sur les dernières années, que 450 milliards de dollars, moins de 400 en 2016 et 450 milliards de dollars en 2017. La production de pétrole va en principe baisser, les années à venir, et le prix du baril pourrait très facilement remonter autour des 65-70 dollars en 2020. Evidemment, le déséquilibre entre l’offre et la demande constitue l’un des facteurs qui contribuera à la hausse des prix du brut l’année prochaine.