Passée de 20 à 16 clubs, la Ligue 1 algérienne pourrait connaître un nouveau «dégraissage» dès la saison à venir. C’est du moins ce qu’a annoncé le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Abderrezak Sebgag. Ce dernier conçoit une D1 professionnelle où évoluent seulement les clubs qui ont épuré toutes leurs dettes quitte à ce qu’ils soient 8 seulement.
Une idée qui a tout de chimérique.

Par Mohamed Touileb
Une élite composée de 8 à 12 clubs, c’est la conception d’Abderrezak Sebgag, premier responsable du sport en Algérie, qui imagine un football algérien tracté par des équipes qui n’ont pas de dettes. Cette projection reste très difficile à matérialiser sur le terrain. Elle est à la fois trop radicale et brutale pour une balle ronde qui est, depuis des années maintenant, dans un état végétatif.
Le sport roi est déjà ultra-déficitaire. L’avènement du professionnalisme, il y a de cela plus de 10 ans, n’a en rien arrangé la situation. Pire encore, ce statut a plongé, encore plus, la discipline dans des masses salariales en déphasage total avec un rendement et une gestion se rapprochant plus du niveau amateur.

Pas les mentalités et l’éthique adéquates
Le constat fait par le patron du MJS hier matin sur le plateau de «Echorouk Morning» n’est pas inédit. Beaucoup l’ont relevé avant lui. Cependant, le remède n’a jamais été trouvé pour sauver le «sport à onze» qui ne compte plus ses déboires dans une gestion téméraire et sans prévisions.
Tout cela est illustré par une dette ayant dépassé les 100 milliards de centimes en salaires non-payés pour l’exercice 2020-2021.
Une somme vertigineuse qui donne une idée de la hauteur de laquelle le football chutera sans jamais pouvoir se relever.
Malgré le dopage financier et le fait que certains clubs soient repris par des entreprises nationales qui administrent des perfusions à coup de centaines de milliards, la léthargie perdure. «À partir de la saison prochaine, les clubs endettés n’ouvriront pas droit à la licence pro. Il est inadmissible que les aides de l’Etat soient utilisées pour payer les salaires mirobolants des joueurs», prévient Sebgag. En outre, il conçoit que «le championnat professionnel comptera entre 8 et 12 clubs.»
L’idyllique «Pas de crédit League»
Si l’on suit ce raisonnement, on peut déjà dégager 5 clubs qui sont déjà pris en charge par des sociétés algériennes : MC Alger, USM Alger, CR Belouizdad, JS Saoura et CS Constantine. On peut y ajouter la JS Kabylie, le MC Oran et l’ES Sétif qui présentent des profils de rachat. Ainsi, on aura les 8 animateurs de la «pas de crédit League» émanant de l’idéalisme de M. Sebgag.
Il faut savoir qu’il y a des pays européens qui ont opté pour un premier palier restreint. Par exemple, c’est le cas pour la Suisse et l’Ecosse qui comptent 12 teams dans la première classe. Cependant, ces nations sont minuscules par rapport à l’Algérie. En outre, avec 8 pensionnaires, il y aura obligation de jouer deux fois en «aller-retour» pour respecter le règlement de la FIFA. En effet, pour qu’un championnat réponde aux normes, il faut que chaque club dispute 20 matchs au minimum sur la saison. Cela voudra dire qu’une formule classique en «aller-retour» ne sera pas conforme. A partir de là, il faudra trouver un mode de compétition adéquat. C’est une autre paire de manche.