Le système éducatif passera au crible, lors des assises qui seront organisées prochainement, a annoncé hier lundi le ministre de l’Education nationale, Mohamed Ouadjaout, qui a évoqué une «feuille de route» intitulée «l’école, la destination vers l’avenir» et qui vise plus de cohérence dans les curricula, une amélioration de la qualité des apprentissages.

M. Ouadjaout, dont les déclarations sont si rares pour un premier responsable à la tête d’un secteur en constante agitation, notamment dans le cycle du primaire en débrayage hebdomadaire depuis octobre dernier, a parlé également d’une mise à jour des méthodes d’enseignement et de l’allègement du cartable, deux aspects régulièrement relevé par les acteurs du secteur que ce soit les enseignants, les parents d’élèves ou les écoliers eux-mêmes.
«Les efforts seront principalement axés, dans le volet pédagogique, sur la cohérence des curricula, l’amélioration de la qualité des apprentissages, la mise à jour des méthodes d’enseignement et l’allègement du cartable», a déclaré le ministre sur les ondes de la Radio nationale.
«Cette démarche n’est possible qu’en garantissant aux élèves la possibilité d’acquérir de véritables compétences réalisables dans la vie quotidienne, en promouvant les mathématiques et les mathématiques techniques et en généralisant l’apprentissage de l’informatique pour cadrer avec les exigences du développement économique et l’avancée technologique», a-t-il soutenu.
Précisant qu’il s’agira «de restituer à la société la confiance en l’école et réaliser l’essor qualitatif escompté», il a indiqué que le secteur procédera «à la mise en application d’un programme fondé sur une nouvelle approche impliquant les partenaires, une approche devant être considérée comme une feuille de route consensuelle soutenue par l’ensemble des acteurs».
M. Ouadjaout a ainsi fait part des «assises sous le thème de la réalité et des perspectives du développement du système éducatif» qui seront organisées prochainement, estimant que l’école «n’a rien à cacher ni à dicter, l’Education étant l’affaire de tous».
Le ministre, en poste depuis le début de l’année, a nommé cependant quelques urgences incluses dans ce qu’il a qualifié de «plan d’action du secteur à l’horizon juin 2020», où figurent notamment « l’élaboration de plans et fiches pédagogiques au profit des professeurs d’enseignement primaire (PEP), l’intégration des tablettes, la réalisation de la cohérence verticale et horizontale des programmes d’enseignement à travers l’actualisation des référentiels».
S’agissant du manuel numérique qui s’inscrit dans le cadre de l’allègement du cartable, M. Ouadjaout a annoncé la généralisation «progressive» de cette expérience jusque-là appliquée au niveau de certains établissements pilotes, relevant, par la même occasion, qu’une «révision des liens sous-tendant référentiels et manuels scolaires est également en cours».
Il a souligné, à ce propos, que la première partie concerne le livre de première année primaire à répartir en quatre petits manuels, précisant qu’il n’était pas possible d’appliquer ce projet pour la prochaine rentrée scolaire du moment que l’impression du quota des livres prévus a été lancée. Selon M. Ouadjaout, le plan d’action du ministère «comprend six grands axes à mettre en œuvre à moyen et long termes, lesquels englobent 38 objectifs déclinés sous forme de feuille de route renfermant 91 opérations exécutables au niveau de toutes les structures, des établissements et des organes du secteur, et ce dans le cadre de la réforme des dysfonctionnements dont souffre le système éducatif». La mise en œuvre de ce plan «doit se faire en rupture totale avec les anciennes pratiques», a plaidé le ministre, mettant en exergue «l’écoute des aspirations de la société et de la corporation, en vue d’édifier un système éducatif cohérent et efficace dans le cadre d’une approche étudiée, loin de la précipitation et de l’exclusion».
Faisant le point de ses rencontres, du 20 au 12 mars, avec les représentants de 15 syndicats du secteur, le ministre a indiqué avoir traité 69 préoccupations d’ordres pédagogiques et socioprofessionnels. Il a relevé, dans ce sens, l’existence de dossiers «communs» entre les syndicats rencontrés, à l’exemple de la question du statut des fonctionnaires des corps de l’éducation, les œuvres sociales et la révision du système éducatif.
Annonçant avoir envoyé «des réponses spécifiques à chaque partenaire suivant les préoccupations exprimées lors des rencontres bilatérales», le ministre a indiqué avoir installé la commission de suivi au niveau du cabinet du ministère, précisant que certains dossiers nécessitaient «une réflexion pour aboutir à une solution». n