Dans le nouveau gouvernement, le poste de ministre de l’Agriculture saharienne a disparu. Du coup, faut-il comprendre que ce portefeuille, de création très récente (deuxième gouvernement du
Président de la République) n’est d’aucun impact sur le terrain ou bien abandonné pour d’autres considérations ?
Et pourtant, le but visé à travers cette initiative de créer à l’époque un ministère de l’Agriculture saharienne était d’intensifier la production agricole sur de grands espaces dont dispose le pays dans le Grand-Sud d’autant que toutes les conditions s’y prêtent.
En clair, mettre en place un ministère en charge d’accélérer le développement de l’agriculture saharienne pour, d’une part, réduire les volumes d’importation en produits agricoles de base, comme particulièrement les céréales primaires et, d’autre part, consolider les exportations des produits maraîchers primeurs. Deux objectifs qui témoignaient à l’époque de l’importance qu’accorde le chef de l’Etat au développement de l’agriculture saharienne. Depuis, un autre projet est venu se greffer à ladite stratégie, celui de créer dans l’immédiat un office national de l’agriculture saharienne pour la mise en valeur de millions d’hectares de terres sahariennes et le développement de l’agro-industrie. Mais faut-il supposer qu’au niveau de la chefferie du gouvernement on a vite réalisé que cet institut, en lui assurant des moyens financiers et humains conséquents, pouvait à lui seul piloter la stratégie en question. Et par voie de conséquence, l’idée d’exclure le poste de ministre de l’Agriculture a commencé à germer pour ensuite se concrétiser sur le terrain par l’annonce de sa disparition dans la composante du nouvel Exécutif. Ou bien cette décision répond beaucoup plus au souci de réduire la masse salariale relative au poste de ministre à partir du moment que ledit ministère n’a aucune utilité. L’office pouvant suffire. Des hypothèses qui tiennent la route.
Il importe de rappeler enfin que l’Office national de l’agriculture saharienne est épaulé par deux organismes, chacun dans son domaine de compétence, une agence nationale pour l’agriculture saharienne et un comité scientifique rattaché au ministère de tutelle composé d’experts et de compétences scientifiques nationales et résidentes à l’étranger. Ils auront pour principales missions l’accompagnement du ministère de l’Agriculture sur les plans de l’expertise et de la prospective dans le domaine de la sécurité alimentaire et des nouveaux modèles de l’investissement agricole, notamment dans le sud du pays. Ces deux organismes vont donc se consacrer exclusivement à atteindre les objectifs fixés, à savoir réduire coûte que coûte et à brève échéance la facture des importations en besoins alimentaires du pays.
L’enjeu est, en effet, de taille, quand on sait que le pays est depuis quelques années le premier importateur africain de denrées alimentaires. Pas moins de 60 % de ses besoins sont assurés par les importations. B. C.