L’autodissolution du Syndicat national autonome des travailleurs de l’électricité et du gaz (Snateg) a été encore hier au menu d’une conférence au siège du ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale. Ainsi, le département de Mourad Zemali

a appelé en renfort plusieurs directeurs pour expliquer que l’autodissolution du syndicat a été actée par un procès-verbal de l’avocat Karaoui Mohamed Karaoui, daté du 7 octobre 2017. Rabah Mekhazni, directeur des relations du travail, a expliqué que selon ce P-V, « la dissolution volontaire a été prononcée conformément aux dispositions de la loi numéro 90-14 du 2 juin 1990, notamment son article 29 qui dispose : « La dissolution volontaire est prononcée par les membres de l’organisation syndicale ou leurs délégués régulièrement désignés, et ce, conformément aux dispositions statutaires ». Il a indiqué que les services concernés au sein du ministère du Travail « n’ont fait que prendre acte de cette dissolution volontaire en procédant à l’annulation du numéro de référence du syndicat dans le registre d’enregistrement des organisations syndicales ». « On ne s’en tient qu’à la loi », a-t-il encore dit. Avant d’inviter d’autres responsables pour expliquer que le ministère n’a ni intérêt ni prérogatives pour s’ingérer dans les affaires internes d’un syndicat. Cette sortie médiatique du département du travail se veut aussi une réplique à la lettre de la Confédération syndicale internationale (CSI) qui accuse les autorités algériennes d’ingérence dans les affaires des syndicats autonomes, en particulier le Snateg. Dans sa lettre, la CSI a indiqué que la dissolution du syndicat ne répond aucunement à la loi, car « les statuts du syndicat qui indiquent que la dissolution du syndicat est décidée par un congrès national du syndicat Snateg », n’ont pas été respectés. La CSI estime ainsi que « la réunion de dissolution à laquelle fait référence le ministère n’a ni la compétence ni l’autorité pour prononcer la dissolution ». Cette polémique sur l’existence légale ou non d’un syndicat n’a pas livré tous ses secrets. Ainsi, si du côté du ministère on se défend d’avoir «instrumentalisé » un groupe de syndicalistes pour dissoudre cette organisation, du côté du syndicat, on accuse ouvertement le ministère d’avoir prononcé la dissolution volontaire sans se référer à la loi. Sur ce point, le directeur des relations du travail estime que seule la justice peut trancher cette situation, néanmoins, il assure que le département du travail n’a fait référence qu’à la loi en vigueur pour trancher la question.
A souligner également qu’une aile du même syndicat, dit dissout volontairement, a tenté, hier, de tenir un sit-in devant le siège du ministère du Travail, en vain. C’était sans compter sur la réaction des services de police qui ont chargé les quelques syndicalistes qui brandissaient une banderole appelant à la reconnaissance de ce syndicat et de revenir sur sa dissolution, volontaire