PAR NAZIM B.
A quelques jours de la fête de l’Aïd el Adha, c’est la question de l’adhésion aux mesures de prévention sanitaires qui se pose avec acuité dès lors qu’il s’agit des moments de regroupements habituels en pareille circonstance (sacrifice, prière, visites familiales…).
D’autant plus que la tendance des contaminations quotidiennes à la Covid-19 est à la hausse, faisant craindre le pire si la prise de conscience ne l’emporte pas devant le relâchement et l’insouciance de l’ensemble des Algériens qui foulent aux pieds toutes les mesures de prévention.
C’est la raison pour laquelle, contexte de fête oblige, la commission de la fetwa du ministère des Affaires religieuses a appelé à l’impératif respect des mesures barrières lors de la prière de l’Aïd et pendant le rituel du sacrifice. «Les mesures accompagnant la prière du vendredi doivent être appliquées, dont le respect des horaires d’entrée et de sortie aux mosquées et salles de prière, tout en allégeant la prière de l’Aïd et ses deux prêches, comme c’est le cas pour la prière du vendredi», a indiqué la commission dans un communiqué.
Elle a également mis l’accent sur la nécessité d’appliquer le protocole sanitaire notamment, en tenant à «la distanciation physique, l’utilisation du masque, la stérilisation des mains, éviter de se saluer avec les mains, l’utilisation de tapis personnels, éviter les regroupements, tout en renforçant les mesures de désinfection, d’hygiène et d’aération dans les mosquées».
En ce qui concerne les dispositions relatives au sacrifice, la commission rappelle que le sacrifice est «un rituel de l’Islam et une tradition prophétique pour celui qui peut se le permettre et non un devoir, à l’unanimité des fetwas des oulémas, notamment en cette crise impactant négativement le pouvoir d’achat».
Pour la commission de la fetwa, «ce rituel est invalidé si celui qui sacrifie n’est pas en mesure de réunir les conditions sanitaires et qui craint la transmission de la pathologie, en raison des conditions entourant l’achat et le sacrifice de la bête».
Usant de pédagogie dans sa communication, la commission de la fetwa rappelle que l’Aïd se veut «une opportunité de concrétiser les valeurs de solidarité et d’entraide sociale et de compassion à l’égard des nécessiteux, au moyen des viandes des bêtes sacrifiées, d’autant qu’il est préférable d’offrir en aumône presque toute la bête, notamment en ces circonstances».
Rappelant ainsi la règle religieuse permettant le sacrifice collectif (bovin ou camelin) ainsi que la possibilité pour le croyant de dédier le sacrifice à des proches, en l’occurrence parents, enfants, frères et sœurs…, la commission de la fetwa préconise des solutions «afin d’éviter les regroupements et les rassemblements favorisant la propagation du virus».
Dans son explication, la commission précise qu’il est permis pour celui qui peut sacrifier de confier l’achat et le sacrifice à un abattoir agréé ou à des professionnels tels que les bouchers, c’est d’ailleurs plus judicieux pour la sécurité et la prévention contre la propagation de cette épidémie».
Elle a mis en évidence, «la possibilité d’effectuer le sacrifice le deuxième, voire le troisième jour de l’Aïd el-Adha», notant que «c’est là un moyen d’éviter les regroupements des croyants lors de l’accomplissement de ce rite». Pour réussir le pari de la prévention, la commission appelle la société civile et les comités de quartier à contribuer à la sensibilisation des citoyens à «l’impératif du strict respect des consignes de sécurité et des règles d’hygiène en évitant d’effectuer le sacrifice au niveau des espaces et rues que les pouvoirs publics s’emploient à désinfecter».
Par ailleurs, la commission de la fetwa a préconisé «la désinfection impérative du matériel d’égorgement et d’écorchage en évitant leur échange ou emprunt», recommandant de «réduire le nombre de participants à l’opération du sacrifice».
L’appel de la cette commission sera-t-il entendu ? Réponse dès le premier jour de l’Aïd. <