Par Nadir Kadi
Alors que la question de l’augmentation du prix du pain fait débat depuis plusieurs semaines, et au moment où la guerre en Ukraine entraîne une explosion des cours des céréales, le ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, par la voix de son directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales et de la promotion des exportations, Ahmed Mokrani, a fait savoir hier qu’une série de «mesures incitatives» seront prises au profit des boulangers, afin de «préserver leur marge bénéficiaire» et maintenir «la stabilité des prix du pain».
Le responsable, dont les propos ont été rapportés par l’APS, ajoute que la principale disposition sera la mise en œuvre de la «récente décision du président de la République relative au nouveau régime d’imposition» appliqué aux boulangeries, soumise désormais «à un impôt de 5 % sur leurs bénéfices et non pas sur leur chiffre d’affaires». Déclaration qui intervient alors que le président de la Fédération nationale des boulangers, Youssef Kalafat, avait semé la confusion, le 7 mars, en affirmant aux médias que le prix de la baguette subventionné par l’Etat passera de 10 à 15 dinars à compter du 12 mars. Cette annonce, bien que rapidement démentie par l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), avait également été perçue comme une forme de mise en garde de la corporation. Les boulangers alertent, en effet, et depuis des mois, sur la baisse de leur marge bénéficiaire et l’augmentation de certains intrants dans la fabrication du pain, une situation qui pousserait les professionnels à une augmentation de 5 dinars sur la baguette de pain ordinaire. En ce sens, les «mesures» annoncées par le responsable du ministère du Commerce, Ahmed Mokrani, apparaissent aujourd’hui comme une réponse du gouvernement aux craintes des boulangers et des consommateurs. Ainsi, alors que Ahmed Mokrani informe que «ces mesures ont été examinées dans le cadre des réunions de coordination regroupant les représentants des secteurs du commerce, de l’agriculture, de l’industrie, de l’énergie, de l’environnement, des finances, de l’intérieur, des ressources en eau et des associations professionnelles des boulangers», l’objectif, selon le responsable, est de «prendre en charge les préoccupations de cette catégorie». Les discussions auraient, en effet, abouti sur «plusieurs acquis», dont la réduction des charges de consommation de l’électricité au profit des boulangers, en leur permettant de bénéficier de la tarification n°53 «par l’utilisation de compteurs portant deux index». Et dans la même logique, il est également annoncé que le secteur de l’industrie comptait intégrer les boulangers dans «le système de dédouanement des chaînes et équipements de production rénovés», les boulangers pourront dans ce cadre bénéficier d’autorisations d’importation pour des équipements de boulangerie d’occasion «en bon état de marche». Quant à la question de l’application du nouveau régime d’imposition relatif aux boulangers, annoncée par le président de la République, M. Mokrani fait savoir qu’une réunion avec les services du ministère des Finances sera organisée «dans les prochains jours». Cette même réunion devrait également aborder la proposition de réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et des droits de douane sur certains intrants (levure et améliorants). Le directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales et de la Promotion des exportations, Ahmed Mokrani, n’a pas manqué de rappeler hier que le prix de vente du pain ordinaire subventionné restait réglementé par la loi, mettant en garde contre les hausses décidées unilatéralement. Le responsable a fait savoir que des mesures «strictes» seront prises à l’encontre des contrevenants. <