Le ministère de l’Intérieur vient de dévoiler la batterie de mesures contenues dans son dispositif visant à mettre un frein aux accidents de la route dont la recrudescence ces derniers temps inquiète au plus haut point.

Il s’agit d’un dispositif à caractère coercitif, mais aussi préventif, relève-t-on à travers le communiqué publié par le département de M. Kamel Beldjoud sur son site et dont le passage à l’acte contre les accidents de la route fait suite aux instructions données dans ce sens par le Président de la République, dimanche dernier.
C’est ce que précise d’ailleurs la même source en soulignant que « compte tenu de la gravité de la problématique de la sécurité routière et son impact bouleversant sur le quotidien du citoyen et suite à l’instruction du Président de la République Monsieur Abdelmadjid Tebboune, lors du Conseil des ministres du dimanche 02 Février 2020 visant à mobiliser tous les moyens techniques, humains, matériels, juridiques, informationnels devant réduire la fréquence des accidents sur nos routes, il a été décidé, dans la même perspective de gestion de l’hécatombe routière suite à la réunion du gouvernement Mercredi 05 Février 2020, de mettre en avant une action corrective contenant des mesures avec effets immédiats »
D’autres mesures « seront inscrites dans la durée afin de cerner davantage les facteurs qui sont à l’origine des accidents routiers et d’en réduire d’autres dans le cadre d’une approche d’intervention multisectorielle», ajoute le ministère de l’Intérieur, précisant que le dispositif annoncé se décline en quatre plans, juridique et administratif, infrastructures routières, inspections routière, sensibilisation et information des usagers de la route.
Sur le plan administratif, il est question de criminaliser tous les comportements irresponsables et imprudents sur les routes et notamment ceux qui touchent les transports collectifs et scolaires. Le même plan concerne aussi le retrait, à titre conservatoire, des documents d’exploitation des transporteurs à l’origine des accidents routiers, la mise en place au niveau de chaque wilaya d’un fichier recensant l’ensemble des conducteurs de transport de personnes et de marchandises pour des fins d’identification et du suivi des auteurs d’accidents, le recensement de tous les points noirs et sensibles dans lesquels la fréquence des accidents est importante, la réactualisation des modes de recrutement des conducteurs en optant pour l’expérience et la bonne santé psychique, l’actualisation de l’arsenal juridico-institutionnel qui régit la sécurité routière à travers un durcissement des mesures coercitives ainsi que la mise en place d’un projet de prévention routière.
Sur le plan de l’infrastructure routière, les mesures prises concernent le réaménagement des routes expresses et l’accélération des travaux de réhabilitation routière dans les zones vulnérables, la mise en place des dispositifs technologiques de contrôle sur les routes, la généralisation de l’éclairage public et des radars sur les routes. Quant au plan de l’inspection routière, il a trait au maintien des opérations de contrôle et d’inspection de l’ensemble des signalisations routières, au renforcement des brigades mixtes et des inspections inopinées sur l’ensemble du réseau routier, et à l’intensification des moyens modernes liés au contrôle technique des véhicules et le recours obligatoire à un deuxième conducteur sur les lignes de longue distance pour s’assurer de la bonne aptitude physique et mentale des conducteurs.
Enfin, le plan éducatif et informationnel relatif au dispositif mis en place met le cap sur l’intensification des campagnes de sensibilisation, la tenue régulière des caravanes de sensibilisation à l’échelle nationale, le renforcement des actions préventives de proximité au profit des usagers de la route, l’accompagnement des usagers de la route à travers une sensibilisation avancée autour des risques routiers, la médiatisation massive des actions de sensibilisation et de prévention au profit des usagers de la route, la mobilisation du mouvement associatif dans le cadre de la diversification des actions préventives et anticipées en matière de sécurité routière, le recours à des actions d’assistance et de soutien au profit des personnes et des familles victimes d’accidents, la signature des accords de partenariat entre la Délégation nationale à la sécurité routière, Sonatrach et Renault pour encourager les actions de prévention routière, et la diffusion des supports pédagogiques et éducatifs à l’adresse des écoliers et des usagers de la route. A travers ce dispositif anti-accidents de la route, les pouvoirs publics visent des « changements radicaux » en partant du constat que « toutes les mesures préventives et dissuasives prises pour juguler ce phénomène ont montré leurs limites », avait souligné le ministre de l’intérieur lors du Conseil du gouvernement.
En effet, depuis des années, les accidents de la route placent l’Algérie parmi les pays les plus touchés par ce drame, et l’Etat réagit cycliquement à travers de nouvelles mesures ; sans pour autant arriver à faire évoluer la situation dans la trajectoire souhaitée. Les jours se suivent et se ressemblent sur nos routes où la mort frappe régulièrement, notamment à travers des accidents de bus de transport qui tuent en nombre. C’est ce qui a d’ailleurs failli arriver encore une fois, et une énième fois, hier, lorsqu’un bus à dérapé et s’est renversé à Relizane, faisant 27 blessés dont cinq jugés dans un état grave.
Un autre renversement de bus donc qui allonge encore la série d’accidents de ce type, quelques jours seulement après le décès de 8 personnes et 22 blessés causés par le renversement d’un autocar à Souk Ahras.