PAR NAZIM B.
Le sort de Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) dans l’affaire qui l’oppose au ministère de l’Intérieur sera connu le 13 octobre prochain. C’est ce qu’a décidé hier le tribunal administratif de Bir Mourad Raïs (Alger) à l’audience des représentants de l’association.
Ces derniers «ont présenté des remarques qui s’ajoutent aux réponses déjà apportées au courrier adressé par le ministère de l’Intérieur à l’association, avant de procéder aux plaidoiries des avocats», a déclaré Maître Haboul à l’issue de l’audience. «Nous pouvons conclure que le dossier est carrément infondé», a relevé le même avocat, lequel a plaidé pour que RAJ soit «réhabilité» dans son droit d’exercer son activité en toute liberté, faisant remarquer que RAJ a été fondé au lendemain des évènements d’octobre 1988 qui seront commémorés dans quelques jours.
Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales a engagé une procédure judiciaire contre l’association RAJ, qui a été destinatrice, le 26 mai 2021, d’une citation à comparaître devant le tribunal administratif d’Alger, suite à une requête qu’il a déposée, réclamant la dissolution de l’association, sous prétexte que ses activités sont en violation de la loi 12/06 régissant les associations et en contradiction avec les objectifs énumérés dans les statuts de l’association. RAJ a réagi dimanche en alertant l’opinion sur le risque de dissolution de l’Association.
Pourtant, écrit RAJ, dans son communiqué, les requêtes déposées par le ministère de l’Intérieur «sont basées essentiellement sur les activités publiques de l’association durant le Hirak…». Ajoutant qu’en «cohérence avec son mandat, l’Association «s’est impliquée dans le mouvement populaire aux côtés de millions de citoyens et d’organisations de la société civile en tant que force de proposition, de rassemblement et de médiation».
L’Association a indiqué, dans le même document qu’elle «active publiquement et dans la légalité conformément à ses statuts et à la loi en vigueur depuis sa création en 1993», faisant remarquer qu’elle est restée «fidèle à ses objectifs et principes et valeurs», à savoir la sensibilisation des jeunes, garçons et filles, à la citoyenneté et leurs initiation d’une manière active, efficace et pacifique à la gestion des affaires publiques, locales et nationales au service du développement du pays. «Il est inconcevable de voir une association comme RAJ, qui a tant donné pour la jeunesse, poursuivie en justice pour ses activités, ses positions et son engagement pacifique et actif aux côtés du peuple et de sa jeunesse en quête de liberté, de dignité, de justice et de prospérité», a ajouté la même source.
Pour RAJ, cette «poursuite judiciaire est intervenue après l’interdiction de ses activités, notamment celles organisées en dehors du siège national, sans oublier l’acharnement judiciaire à l’encontre de ses membres durant les premiers mois du Hirak où onze d’entre eux ont été poursuivis en justice pour leurs opinions dont neuf ont été incarcérés et/ou mis sous contrôle judiciaire».