Les revendications en suspens et sources de tension entre les praticiens de la santé publique et la tutelle sont en voie de solution et notamment la question relative au versement de la prime Covid-19 que les concernés attendent depuis plusieurs mois.

PAR NAZIM BRAHIMI
En plus de la finalisation de toutes les procédures liées au versement de cette prime, le ministère de la Santé a répondu aux doléances exprimées par le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP). Il s’agit, en effet, des questions des statuts, de l’assurance globale et du dialogue social.
A bien y regarder, la montée au créneau de cette organisation syndicale, à la mi-mars, quand elle a reproché au ministère d’avoir rompu le dialogue social, semble avoir été payante si l’on se fie au communiqué rendu public hier par le département d’Abderrahmane Benbouzid, qui a enveloppé sa réponse aux praticiens dans ce qu’il a considéré comme un «vaste programme sectoriel» issu de la Conférence sur le renouvellement du système de santé, tenue en janvier dernier.
Lequel programme vise «l’amélioration de la situation des professionnels de la santé» et consiste, entre autres, en la mise en place des commissions chargées de la révision des textes portant statuts particuliers des personnels relevant du secteur de la santé et finalisation des procédures concernant le versement de la prime exceptionnelle Covid-19, ainsi que «les procédures financières nécessaires de versement des tranches exigibles de cette prime exceptionnelle qui seront versées dans les délais impartis», a précisé le ministère. A la mi-mars, le ministre a déclaré que «le problème de la mesure incitative qu’est la prime Covid est réglé. Elle devra bientôt être versée au personnel soignant», sans donner plus de précisions ni d’échéance.
Le programme consiste également en «la coordination avec les différents ministères concernés, à travers la communication et la coopération, afin de préparer les textes nécessaires relatifs aux mesures décidées par le président de la République au profit des personnels de la santé, relatives à l’assurance globale ainsi que l’octroi de la prime de capital décès aux ayants droit des personnels décédés dans l’exercice de leurs fonctions à l’occasion de la lutte anti-Covid».
En ce qui concerne la révision des statuts particuliers spécifiques au secteur de la santé, la tutelle a indiqué que sur les 10 statuts que compte le secteur, 6 sont déjà finalisés et en cours d’examen au niveau de la Direction générale de la Fonction publique. «Pour les 4 statuts restants, 2 sont élaborés et seront déposés sous huitaine, tandis que les 2 derniers font l’objet d’élaboration et d’ultimes vérifications», a précisé la tutelle. Elle a souligné qu’il s’agit des statuts des praticiens médicaux spécialistes, praticiens médicaux généralistes, sages-femmes, anesthésistes, administrateurs des services de santé, praticiens inspecteurs et paramédicaux. Pour leur part, «les projets de statuts des psychologues et les physiciens sont en cours d’élaboration dès réception des contributions des partenaires sociaux consultés», lit-on dans le communiqué du ministère.
Par ailleurs, et en matière de concrétisation des mesures décidées par le président de la République, au profit des usagers de la santé concernant le capital décès et la couverture universelle dans le domaine de l’assurance maladie, «les mesures nécessaires ont été préparées et ont permis de préparer les textes envoyés aux autres départements ministériels, Finance, Travail et Sécurité sociale», a indiqué la même source. S’agissant du dialogue avec les partenaires sociaux, le ministère de la Santé a réaffirmé sa «volonté constante en vue du dialogue et de la concertation avec les partenaires sociaux et l’écoute des préoccupations et des problèmes des travailleurs et des professionnels du secteur». Le département de la Santé a tenu à «rendre hommage à l’ensemble des professionnels qui n’ont pas ménagé, un seul jour, leurs efforts pour lutter contre cette pandémie depuis son apparition», tout en soulignant la nécessité de «maintenir toutes les mesures préventives qui y sont liées pendant le mois sacré de Ramadan». <