Par Sihem Bounabi
Le bras de fer entre le ministère de la Santé et le président du Conseil de l’Ordre national des médecins, Dr Mohamed Bekkat-Berkani, se poursuit avec l’invalidation des élections du renouvellement de la moitié des membres du bureau d’Alger qui se sont déroulées le 27 mai dernier.
En effet, dans une correspondance datée du 6 décembre, le ministère de la Santé invalide ces élections et, par conséquent, instruit l’Ordre des médecins à les refaire, appuyée par une décision du Tribunal administratif d’Alger.
Suite à cette annonce, le président de l’Ordre des médecins Mohamed Bekkat-Berkani, surpris par la décision rendue par le Tribunal administratif, rappelle que le Conseil d’Etat s’était prononcé sur la légalité et la validité des élections. Il a également annoncé qu’il fera appel de la décision car il dispose de preuve en faveur de la légalité et la légitimité de ces élections. Toutefois, il a déclaré qu’en cas de rejet, «nous devrons refaire les élections par respect à une décision de justice». Par ailleurs, Dr Mohamed Bekkat-Berkani a interpellé le ministère de la Santé, estimant que «nous devons nous concentrer sur les problèmes les plus importants qui affectent le citoyen au premier degré, tels que la crise sanitaire du coronavirus, ses conséquences et les mécanismes de protection des citoyens».
Pour rappel, les élections de renouvellement de la moitié des membres de la section ordinale de l’Ordre des médecins d’Alger se sont déroulées le 27 mai dernier au siège du Conseil de l’Ordre à la polyclinique des Sources, dans un contexte marqué par une requête auprès de la justice du ministère de la Santé, la veille de l’élection, pour délocaliser le lieu du vote vers quatre autres hôpitaux. Toutefois, le Conseil de l’Ordre a décidé de maintenir le déroulement du scrutin au niveau de son siège, invoquant notamment la légalité de cette opération. Dans un entretien accordée à Reporters, Dr Mohamed Bekkat-Berkani avait précisé, au lendemain du litige qui l’opposait au ministère de la Santé, que ces élections étaient prévues depuis trois mois selon un calendrier électoral bien précis et dans le respect du code électoral qui est adopté par les trois professions, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et médecins.
L’Ordre national des médecins qui avait alors fait appel du changement de lieu de vote à la veille d’une élection, auprès du tribunal pour des raisons logistiques, selon Dr Bekkat-Berkani, les élections se sont déroulées le
27 mai dans la légalité en présence d’un huissier de justice. Il avait également déclaré : «Je suis convaincu que l’acharnement de la part du ministre de la Santé est une conséquence d’avoir été une force de proposition et de discussion au nom de tous les médecins que je représente en tant que président de l’Ordre des médecins. Que ce soit par rapport au retard de la campagne de vaccination ou encore à tout ce qui s’est révélé un véritable échec dans la prise en charge de la lutte anti-Covid.»