L’inspection du ministère de la Culture est des Arts a fait, dimanche à Alger, un constat « négatif » sur la gestion administrative et financières des théâtres régionaux. Intervenant lors de la conférence organisée dans le cadre du colloque sur « Les stratégies nationales et internationales de gestion des théâtres », l’inspecteur au ministère de la Culture et des Arts, Hicham Aïssani a relevé que les directeurs des théâtres régionaux « n’ont pas de stratégies commerciales » soulignant qu' »au lieu d’e penser à fructifier leurs productions ou activités, ils sont là, à attendre les subventions de l’Etat ». Les théâtres régionaux « sont des établissements publics à caractère commercial et industriel supposés générer des revenus financiers », a-t-il ajouté, précisant que « ces fonds devraient, en vertu de la loi, servir aux salaires des personnels et non pas les subventions de l’Etat ». Selon le cahier des charges « il est interdit à ces théâtres de payer les salaires à partir des subventions », a-t-il précisé, déplorant le fait que « tous les théâtres régionaux se basent uniquement sur les subventions ». Pour résoudre ce problème, il a mis en avant « l’importance des contrats de performance », nouvellement institués dans le cadre du chantier de réforme du théâtre initié par le ministère, qui imposera « un contrôle sur les subventions accordées » à ces théâtres. L’ouverture de la porte du débat avec les gestionnaires de ces théâtres permettra de « dépasser un nombre important de ces problèmes » et de « sortir du mode de gestion conventionnel », a-t-il estimé. Par ailleurs, M. Aïssani a relevé de nombreux obstacles qui entravent le travail de ces théâtres, tels que le « conflit imaginaire » entre leurs directeurs et les directeurs de la culture (chevauchement des tâches), le « conflit d’intérêts », ainsi que « la non adoption d’un guide interne », à même de conférer la transparence dans leur gestion financière. Afin de maitriser davantage cette gestion financière et sortir de la dépendance aux subventions, l’inspecteur a appelé les directeurs à « la rationalisation des dépenses » de fonctionnement, à « l’arrêt du recrutement anarchique » et à « la réflexion sur de nouveaux modes de financement », comme les sponsors et la mise à profit des espaces pour les activités culturelles ainsi que « l’élaboration de stratégies de communication et de marketing » et « l’adoption de la numérisation ». « Le dysfonctionnement dans la gestion administrative et financière des théâtres régionaux concerne, également,le Théâtre national », a-t-il indiqué, relevant « un manquement », par les ministères précédentes de la Culture, en matière de gestion du secteur du théâtre. Intervenant, à cette occasion, la directrice régionale du théâtre régional de Mostaganem, Nabila Mohamedi, a déploré « la non association des directeurs des théâtres à l’élaboration des contrats de performance », ajoutant que l’adoption de nouvelles stratégies pour le développement du 4e Art doit se faire en concertation avec ces directeur dans l’objectif de parvenir aux solutions idoines ». Organisé par le ministère de la Culture et des arts au Théâtre national, Mahieddine Bachtarzi, à l’occasion de la Journée mondiale du théâtre, ce colloque prendra fin lundi avec au programme une conférence sur les expériences internationales dans la gestion des théâtres en sus d’un résumé sur les recommandations du chantier engagé par le ministère pour la réforme du théâtre.