L’épisode avait fait couler beaucoup d’encre en 2015. Annoncé en grandes pompes en équipe nationale, Nabil Fekir avait décidé, à la dernière minute, de se raviser et jouer pour l’équipe de France. Un faux bond sur lequel
le milieu offensif est revenu dimanche dans un entretien accordé à The Guardian, quotidien anglais. La décision était personnelle et il l’assume même si son choix n’était pas celui que son père voulait.

Par Mohamed Touileb
Fekir a été sacré champion du monde avec la France en 2018. Naturellement, cette ligne au palmarès fait qu’il ne regrette pas vraiment le fait d’avoir opté pour les « Blues ». Ainsi, il indique que « finalement, j’ai choisi la France mais ce furent des moments très, très durs. C’est la vie. Je ne regrette rien de ce que j’ai fait ».

Son père « ne voulait pas cela »
Même si sa démarche lui a permis de gagner le plus prestigieux des titres pour un footballeur, il se trouve que Fekir avait décidé d’aller à l’encontre de l’avis de son père. « Il ne voulait pas cela. C’est normal. Je comprends parfaitement cela. Il a toute sa famille là-bas, il a grandi là-bas. Toute sa vie est là-bas. Ça lui a fait un peu mal quand j’ai choisi la France. Mais c’est la vie : il y a des décisions, et c’était la mienne. Je prends mes responsabilités », a déclaré l’actuel pensionnaire du Betis Séville.
Par ailleurs, celui qui avait 22 ans lorsqu’il a pris l’une des plus délicates décisions de sa carrière révèle que « mon père est arrivé en France l’année avant ma naissance ; ma mère est algérienne mais y est depuis plus longtemps, rappelle le champion du monde 2018. Chaque année ou presque, j’allais en Algérie. Je me sens Français et Algérien ».

Les joueurs changent, le dilemme persiste
Dès lors, ce choix était « très difficile ». Et ce même si « certaines personnes ne comprennent pas qu’on peut avoir la double nationalité, qu’on peut aimer deux pays à la fois. C’était difficile pour moi. J’étais jeune. Beaucoup de gens disent de choisir la France, beaucoup disent l’Algérie ».
Aujourd’hui, on parle de la possible venue de nouveaux binationaux pour les dates FIFA de septembre et mars comme l’a assuré le sélectionneur Djamel Belmadi. Les réticences sont toujours là pour certains. Cependant, il faut noter que seul Fekir avait donné son accord avant de faire machine arrière. A l’époque, il était l’un des plus grands espoirs en France. C’est pour dire qu’il s’agissait d’un choix qualitatif.
Son cas ressemble un peu à celui de Houssem Aouar à un certain moment quand il avait décidé de défendre le maillot tricolore. Ce dernier voudrait désormais représenter l’Algérie selon nos informations. Un scénario réalisable puisque le milieu de terrain n’a pas joué en officiel avec les Champions du Monde sortants. n