Dans la vie, il y a ce qu’on souhaite, et il y a la réalité. Le talent de Youcef Belaïli devait lui permettre de jouer au football de très haut niveau. Surtout quand on voit ce qu’il avait montré lors de la Coupe d’Afrique des nations 2019 en Egypte. Le Vert avait grandement participé au sacre continental de l’EN. On a donc cru que ça lui ouvrirait finalement les portes de l’Europe où il a toujours rêvé de jouer. Mais il a fini par signer à Al-Ahli Djeddah (Arabie saoudite). Un tournant.

On avait comme un pressentiment que cette alliance lui sera fatale. Et elle s’est mal-terminée. Libre de tout contrat, selon son père qui était aussi son représentant jusqu’à il y a deux semaines, depuis septembre dernier, Belaïli envisageait une signature en France. Mais c’est au Qatar SC qu’il reprendra, vraisemblablement, du service.
Il a souvent servi à dynamiter les défenses adverses depuis que Djamel Belmadi est venu prendre les rênes de la barre technique de l’EN. D’ailleurs, dès son arrivée, il avait cherché à savoir si Belaïli était blacklisté ou pas dans le but de l’intégrer dans son projet. C’est pour dire que le natif d’Oran a une place importante dans les plans du sélectionneur de l’équipe nationale. Et c’est pour cette raison que ce dernier n’a pas caché son inquiétude pour sa situation. «Pour Belaïli, c’est l’impasse. Je ne suis pas son agent mais je peux donner des conseils», a lâché le successeur de Rabah Madjer.

Les impaires managériaux du père
Le tout, non sans faire allusion à la manière dont la carrière de l’ex sociétaire de l’USM Alger est managée : «Certains éléments font de mauvais choix de carrière ou peut-être sont mal entourés. Parfois, c’est la famille qui gère. Et ce n’est pas toujours sérieux. D’ailleurs, je ne vous cache pas qu’il y a des joueurs qui m’appellent pour voir leur contrat. Mais je ne suis pas un fiscaliste. Cela prouve qu’il y a un manque de conseil flagrant.»
En filigrane, ces mots sont à l’endroit du père de Belaïli qui était son agent jusqu’à la mi-octobre quand le numéro 8 d’ «El-Khadra» a signé avec une agence allemande : Rogon Sport Management en l’occurrence. Une boite qui représente une centaine de joueurs parmi lesquels Roberto Firmino, Thilo Kehrer outre Julian Draxler.

Transfert sur fond de crise
Cette décision ne lui, pour autant, pas permis d’atterrir au Vieux Continent comme il le souhaitait. «C’est très simple : j’ai envie de goûter au haut niveau et ma priorité va vers un retour en Europe. L’idée de revenir en Ligue 1 m’intéresse. C’est un Championnat que j’apprécie, je sais qu’il est de qualité. J’ai envie de prendre une revanche et de montrer mes qualités», avait-il envisagé. Un scénario qui ne se concrétisera pas. Surtout que ses exigences salariales ne peuvent pas être satisfaites par un club moyen de la D1 française. On parle d’un footballeur qui percevait 3 millions de dollars annuels pour ce qui est de son dernier contrat.
Des émoluments qu’il ne peut toucher que dans un championnat du Golfe. C’est pourquoi il s’est rabattu sur le Qatar SC pour se relancer. Le mercato fermait hier à minuit. Et tout indiquait que l’Oranais allait signer pour l’actuel 12e de la Qatar Stars League (QSL). Un bail de 2 ans contre 6 millions de dollars, c’est ce qui l’attendait. A condition de payer une clause libératoire de 2 millions d’euros à son ancien club sachant que, crise diplomatique dans la région oblige, les deux directions ne peuvent pas entrer en négociations directes.
Toutefois, au-delà, de l’aspect financier, il devra retrouver son niveau afin d’être fin prêt pour les prochaines échéances de la sélection dont les éliminatoires de la CAN-2021 et la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Sacré défi. Mais Belaïli a déjà fait des comebacks incroyables par le passé. A partir de là, on ne s’empressera pas de l’enterrer. n