Il n’a pas laissé filer la chance que Djamel Bemadi lui a donnée pour prouver son mérite de porter le maillot de l’Algérie. À 23 ans, Ramiz Zerrouki (7 sélection/1but) a déjà fait oublier qu’Adlène Guedioura n’est plus là. Placé devant la défense dans un rôle de sentinelle, il s’acquitte parfaitement de sa tâche. Le milieu de terrain a donné satisfaction. Cependant, au vu de ce qu’il montre avec le FC Twente (Pays-Bas), on peut croire qu’il n’a pas encore étalé tout son talent en sélection.

Par Mohamed Touileb
Ratisser et redonner le ballon à Bennacer, c’est à quoi se résume le rôle de Zerrouki avec l’EN. Son intégration dans le onze s’est très bien passée. Son adaptation a été impressionnante avec à la clé 1 réalisation en 7 apparitions. Et ce, même si on a parfois l’impression qu’il doit muscler un peu plus son jeu pour se frotter aux gabarits africains.

Oser plus et prendre des risques (utiles)
Ce manque de force aux contacts, celui qui a été formé à l’Ajax Amsterdam le compense avec un sens d’anticipation très développé. Plusieurs fois il parvient à couper les ballons de l’adversaire et les transmettre à «Isma» pour amorcer la transition.
Un mode d’emploi qui laisse paraître que Ramiz ne prend pas beaucoup de risques parce qu’il sait qu’il ne doit pas perdre la balle dans une zone sensible du terrain.
Ce samedi, le natif d’Amsterdam a marqué un but sensationnel contre le PSV Eindhoven (défaite 5-2) en championnat néerlandais (Eredivisie). D’une superbe frappe de 30 mètres, il a trouvé la lucarne du portier adverse pour égaliser à 2 partout. C’était son 3e but en l’espace de 4 jours. En effet, mercredi dernier, il a signé un doublé en Coupe des Pays-Bas face au SV OSS’20, pensionnaire de la D4.

Un profil à la Bentaleb
Pour revenir à son but de ce samedi, il nous a rappelé la réalisation d’un certain Nabil Bentaleb contre le Nigéria en 2016. Comme lui, Zerrouki présente un profil de ‘’box to box». Le fait qu’il active loin des derniers 30m adverses est comme s’il jouait avec le frein à main. Même s’il rend sacrément service. En club, il active un cran au-dessus (milieu central plutôt que défensif) pour cet exercice. Et ça lui permet de tenter sa chance par moments et marquer. C’est pourquoi il a déjà marqué plus de buts en 10 apparitions toutes compétitions réunies que lors de ses deux premières années avec les «Tukkers».
Le sélectionneur de l’équipe nationale, Djamel Belmadi, a -probablement- dû constater cela. Cette vocation offensive de Zerrouki pourrait être une
solution et un nouvel élément pour augmenter la flexibilité tactique d’El-Khadra.
En outre, il se pourrait qu’il y ait plus d’alternance entre Bennacer et Zerrouki pour porter le danger devant. C’est clair, en la matière, il y a largement de quoi faire et quoi parfaire. De quoi donner plus d’épaisseur à l’entre-jeu des «Guerriers du Désert». <