Tous sur le pont ! C’est le sens à donner à l’éditorial du dernier numéro de la revue de l’ANP.
El Djeïch exhorte les Algériens à la mobilisation autour de la «direction du pays» en avertissant de la «détérioration de la situation régionale le long de notre bande frontalière» et sur «la menace que font peser certaines parties ennemies sur la sécurité de la région ces derniers temps».

L’évènement politique de la journée d’hier et peut-être même de la semaine restera marqué par l’éditorial de la revue de l’Armée, El Djeich, du mois de novembre 2020. Dans ce texte d’ouverture du numéro du mois dernier, un article qu’on lit traditionnellement et depuis assez longtemps déjà comme le point de vue du commandement de l’ANP sur l’actualité nationale, plusieurs passages sont à lire à l’aune de la chronique politico-institutionnelle et des développements que connait le pays à l’échelle nationale et régionale.
Le premier est que l’armée algérienne contribue à la lutte contre la crise sanitaire «en mettant tout son potentiel à la disposition du secteur national de santé, y compris le déploiement d’hôpitaux de campagne, si nécessaire». L’éditorialiste d’El Djeïch cite «la transformation temporaire de l’hôtel militaire» du «Centre de regroupement et de préparation des équipes sportives militaires de Ben Aknoun (1re RM), en une structure de santé consacrée à la prise en charge des citoyens touchés par l’épidémie». Il mentionne «tous les moyens de l’ANP pour soutenir le système national de santé».
Le deuxième message est que les forces armées comme les «unités industrielles» de l’ANP ne sont pas affectées par la Covid-19. Elles «maintiennent leur rythme de production» pour «les besoins nationaux» de Défense et de sécurité. Et sont en situation d’être «en permanence opérationnelle» et «faire face à toute situation d’urgence». Il annonce une industrie militaire algérienne capable de pénétrer «à long terme» les «marchés régionaux et internationaux» et de contribuer au «développement» et à la «diversification» de l’outil économique national. Il s’agit également, explique l’éditorialiste d’El Djeïch, «d’une des stratégies de défense, qui vise à contribuer au développement du tissu industriel de notre pays.» Le troisième message, sans doute qui retient davantage l’attention, est l’appel à l’union sacrée et à la nécessité «de conforter et de renforcer le front interne et de faire ainsi échec à tous les complots ennemis et aux campagnes médiatiques tendancieuses orchestrées par des parties hostiles connues, visant à saper l’unité du peuple et, par-delà, à l’orientation nationale sincère, juste et courageuse adoptée par les hautes autorités du pays». Cet appel est accompagné par un avertissement sur «la détérioration de la situation régionale le long de notre bande frontalière» et sur «la menace que font peser certaines parties ennemies sur la sécurité de la région ces derniers temps». «Ces menaces, même indirectes, nous concernent et nous devons nous tenir prêts à y faire face. Bien plus, nous y sommes contraints parce que notre pays a des obligations régionales imposées par son rôle pivot, outre ses positions de principe immuables de soutien à toutes les causes justes», insiste l’éditorial d’El Djeïch.

«Faire échec»
L’article-référence de la revue de l’ANP décrit aux Algériens un environnement régional hostile avec une énonciation qui semble faire écho aux développements actuels au Sahara occidental et la reprise des hostilités entre le Polisario et le Maroc, un dossier géopolitique complexe et de mise en jeu d’alliances internationales que l’Armée algérienne perçoit comme une source d’hostilité à nos intérêts suffisamment inquiétantes pour que le «peuple» en soit informé. «Le combat contre ces plans hostiles visant notre pays implique la nécessité, pour notre peuple, d’être conscient des desseins inavoués que cherchent à concrétiser ces parties ennemies et, par voie de conséquence, sa mobilisation autour de sa direction pour les déjouer». Ici, probablement une exhortation à ne pas trop dramatiser le contexte politique actuel marqué par l’absence prolongée du chef de l’Etat en séjour médical en Allemagne même si l’éditorialiste n’ajoute pas d’identifiants au terme de «direction» et ne nomme pas l’institution de la présidence de la République.
Avec l’union sacrée, «il sera possible au peuple de leur faire échec comme il a réussi à le faire toutes les fois que ces cercles et officines avaient tenté de porter atteinte à notre pays», écrit l’éditorialiste d’El Djeïch.