Noël Le Graët est dans de sales draps en raison de propos jugés inadmissibles à l’égard de Zinedine Zidane,
légende vivante du football français. Le meneur de jeu a dédié toute sa carrière à défendre les couleurs des Bleus.
Il a même contribué massivement à deux consécrations (Coupe du Monde 1998 et l’EURO-2000). Malgré ces accomplissements, il n’a pas échappé à la condescendance et au mépris légendaire en France. La leçon est par-là
pour les binationaux qui privilégient l’ingratitude française.

Par Mohamed Touileb
Le dérapage de Noël Le Graët, président de la Fédération française de football (FFF), à l’endroit de Zinédine Zidane, a exhumé la haine envers les joueurs d’origines maghrébines. On en vient à la conclusion que, quel que soit les exploits et les services rendus, le mépris sera toujours là. Cet épisode pourrait pousser certains binationaux à envisager leur carrière internationale d’une manière différente et avec plus de recul. A ce sujet, Sofiane Feghouli avait, dans un entretien choc réalisé en 2016, fait un constat limpide et qui redevient d’actualité.
Les propos de Le Graët étaient violents et irrespectueux. Le patron de la FFF n’en avait «rien à secouer» d’une légende vivante de la balle ronde française et mondiale. Et cette phrase de l’homme de 81 ans, à l’égard d’un joueur qui a ramené une Coupe du Monde et un EURO aux Bleus, est un échantillon d’une xénophobie cachée et tacite qui ressurgit telles des éructations par moments.

Feghouli avait mis le doigt là où il fallait
D’ailleurs, on peut même rappeler les épisodes Karim Benzema chassé comme un «malpropre». Par deux fois. Ainsi, on reviendra quelques années en arrière et les déclarations que nous a faites Feghouli en 2016 à Valence. « Pour moi, il n’y a pas à discuter. Juste parce qu’il y a eu des trucs très graves qui se sont passés, dans l’histoire, mais eux (les jeunes Franco-Algériens, ndlr) ne sont pas conscients parce qu’ils sont jeunes. […] Dans cette société française, on n’est pas acceptés. Faut pas se mentir, c’est difficile pour nous, nos parents, ce sont des Algériens », disséquait, avec perspicacité, Soso alors joueur star du FC Valence en Espagne.
Ce rapport colonisateur-colonisé existe et perdure. D’une manière hybride. Et ce malgré cette vantardise d’avoir intégré les enfants d’immigrés souvent vantée par les Français. Pour le milieu-offensif, « il ne faut pas oublier l’histoire entre la France et l’Algérie. Moi, avec le temps, j’ai appris mon histoire. Voilà, il y a des choses qui se sont passées… en plus, nous, les Franco-Algériens, on a une place dans la société où c’est difficile… bref… pour plein de choses, moi, pour les nouveaux jeunes qui vont arriver, je leur dis n’hésitez pas, allez pour le pays de vos parents, parce que vos grands-parents ont souffert pour être acceptés ».
Gouiri & cie sont avertis
L’acceptation ne semble durer qu’un temps pour un autre type d’exploitation. Mais, malheureusement pour Le Graët, ce que «Zizou» a réalisé est acté pour la postérité. Que ce soit sur le plan individuel ou celui collectif sans oublié sans exemplarité. Et c’est assez pour avoir une sorte d’immunité à cette légendaire condescendance française. Le premier soutien était venu de Kylian Mbappé. Un international français qui a aussi des origines algériennes. Ce n’est donc pas le Français de souche. Après tout, existent-ils vraiment.
Cette réaction du Parisien a tout de même mis les instances gouvernementales devant la gravité des faits. La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, a exigé des excuses immédiates pour le dérapage. Le Graët s’est exécuté. Toutefois, il est certain que cette affaire poussera le premier responsable de l’instance vers la sortie. Sa tête est réclamée. Aussi, elle devrait prêter à réflexion les générations à venir qui se voient confrontées à une réalité longtemps dissimulée. Les Adli, Aouar, Aït Nouri, Gouiri, Cherki et les autres sont Français quand ils sont sous la lumière et des moins que rien quand ils ne servent plus à grand-chose. A méditer. En tout cas, Le Graët ne survivra pas à sa bêtise. Son départ devrait être acté dans les prochaines heures. Mais pas sûr qu’il emporte le mal avec lui.

Revue de presse européenne

Zidane pour remplacer Ancelotti au Real Madrid ?
En Espagne, on va prendre des nouvelles de Zinedine Zidane qui faisait la Une du quotidien catalan Sport qui lâche une véritable bombe. Alors que le coach français a été mêlé, malgré lui, à la polémique Le Graët, il a vu un soutien de poids prendre position pour lui, le Real Madrid ! Et selon le journal : «Zidane est pressenti comme remplaçant d’Ancelotti» à la fin de la saison. Dans ses pages intérieures, le communiqué du Real hier, qui a largement cartonné la communication du président de la FFF, est un «clin d’œil» à Zidane pour tenter un rapprochement dans les prochains mois. Alors qu’Ancelotti arrêtera probablement l’été prochain s’il ne remporte pas de titre cette saison, Florentino Pérez ne serait pas contre un retour de son ancien joueur et surtout coach qui a tout remporté avec la Casa Blanca.
Le président madrilène estime qu’«il connaît parfaitement le club, sa philosophie et sait gérer un vestiaire plein d’égos. Il est respecté et même désiré par certains joueurs qui le traitent avec respect et admiration et son retour serait stimulant pour une équipe qui semble avoir perdu sa faim après le doublé de la saison dernière.» Si le Real voulait lui faire un appel du pied, il ne s’y prendrait pas autrement… n

Lukaku joue avec les nerfs de l’Inter
En Italie, un joueur commence à être critiqué, c’est Romelu Lukaku. Le Belge fait la Une de La Gazzetta dello Sport qui placarde que l’Inter perd patience avec son attaquant car «le temps de Lukaku est écoulé». Il est encore blessé et cela commence à lasser le club nerazzurro. «Pour l’Inter, s’il ne se réveille pas, il retourne à Chelsea. C’était une machine à buts avec Conte, mais il est fragile et a une récupération lente avec Inzaghi.» Bref, c’est tout un club qui attend que son joueur vedette soit au niveau en deuxième partie de saison pour espérer reconquérir le Scudetto cette année. n

«La légende Bale se retire»
Outre-Manche, une légende s’est retirée lundi soir. Et oui, c’est officiel, Gareth Bale a annoncé prendre sa retraite à seulement 33 ans. Et c’est tout le royaume de sa Majesté qui rend un hommage appuyé au Gallois. Le Daily Star s’éclate et reprend à sa sauce ce célèbre running gag qui collera toujours à Gareth Bale : «Golf, golf, golf : dans cet ordre» ! «L’heure du départ est arrivée pour Bale, qui donne son congé au football», écrit le tabloïd.
Pour The Guardian, «Bale met un terme à sa brillante carrière après avoir réalisé son rêve». Le Daily Mirror aussi déforme le célèbre «Wales, Golf, Madrid : in this order» en «Wales, golf, Madrid : retraite» ! Car c’est ce qui attend l’attaquant après une dernière pige au Los Angeles FC et un titre de champion de MLS. Enfin, au Pays de Galles, le South Wales Echo lui accorde une superbe Une et estime qu’«une légende galloise prend sa retraite…» n

Paris Saint-Germain : Pas de fête pour Messi au Parc des Princes
Mauvaise nouvelle pour Lionel Messi (35 ans). Alors qu’il s’apprête à retrouver la compétition avec le PSG, ce soir (21h), face à l’Angers SCO en Ligue 1 (J18), après le sacre de l’Argentine au Mondial 2022 le 18 décembre dernier, le septuple Ballon d’Or ne pourra pas vraiment fêter son titre de champion du monde avec son public, au Parc des Princes. Selon les informations du Parisien, le club de la capitale a pris la décision de ne pas organiser de célébration officielle pour son numéro 30. Ce qui pourrait bien diviser.
Mais le quotidien précise que le Paris SG estime que l’accueil lui ayant été réservé à son retour au Camp des Loges est suffisant. Leo Messi avait notamment reçu des mains du conseiller du président, Luis Campos, un trophée pour le récompenser. Le Parisien ajoute que le fait que la finale du Mondial soit déjà datée (18 décembre) a également pesé dans la balance au moment d’acter cette décision. Beaucoup se demandaient, ces derniers jours, quel serait l’accueil des fans français à l’égard de celui qui a été le bourreau des Bleus en finale de la Coupe du Monde, au Qatar. n