Pour régler ses problèmes, le MC Alger était sur le point d’engager… un homme à problèmes. Il s’agit du sulfureux José Anigo qui allait reprendre les rênes techniques pour les 18 mois à venir contre un salaire de 15.000 euros mensuels. Sur le plan sportif, et compte tenu de ses derniers passages sur le banc et son manque d’expérience (on ne dira pas «inexpérience» parce qu’il a connu un passage raté à l’ES Tunis en 2015) en Afrique, le Marseillais ne semblait pas être la personne idéale pour remettre le «Doyen» sur rails. Fort logiquement, son arrivée a suscité l’incompréhension et provoqué la colère des supporters. C’est pour cela que les dirigeants ont fait marche-arrière. Décryptage.

Par Mohamed Touileb
Il s’appelle José mais n’a rien d’un Mourinho. Cela n’avait, dans un premier temps, pas empêché les responsables du Mouloudia de songer à l’enrôler pour succéder à Abdelkader Amrani. Lors des dernières heures avant sa désignation, l’expression «grand nom» a été utilisée par l’entourage du club pour évoquer le remplaçant d’Amani. Quand on jette un œil sur le palmarès du concerné, il est petit. Exceptée cette finale de la Coupe de l’UEFA en 2004, perdue contre le FC Valence, Anigo n’a pas de véritables faits d’armes.
Un coach «rouillé»
Clairement, on avait affaire à un entraîneur «rouillé» qui n’a plus coaché depuis 2018 quand il a repris le Paniónios GSS (Grèce). Malgré cela, les responsables au Mouloudia ont jugé bon de le «décongeler» envisageant de lui offrir un salaire de 15.000 euros/mois ainsi que les rênes techniques d’un club à la forte symbolique pour un technicien français complètement dépassé et consommé. Et ce, à l’année du centenaire de l’équipe phare de la capitale qui a longtemps été le symbole de la résistance lors de la Guerre de Libération.
Que le choix se porte sur un driver français n’est pas un scandale en soi. C’est beaucoup plus le fait que l’élu soit un coach plus connu pour ses démêlés avec la justice que ses exploits et accomplissements sportifs. C’est cela le problème.les moins avisés étaient presque sûrs qu’il n’ira pas au terme de ses 18 mois de contrat et qu’il finira par saisir la FIFA afin de toucher les indemnités au dernier sou. Le club repris par la SONATRACH est comme une vache à traire. Bernard Casoni et d’autres avant lui confirment bien cette règle. Certes, le fait qu’Anigo débarque pourrait, sur le plan médiatique, mettre un coup de projecteur sur le club historique. Cependant, l’intronisation de celui qui occupait le rôle de responsable du recrutement pour Nottingham Forrest jusque-là ne donnait pas l’impression d’enthousiasmer les supporters. La ruse de com’ n’a pas fonctionné avec un revirement de la situation.
Réputation sulfureuse
Par ailleurs, l’arrivée d’Anigo devait intervenir alors que d’autres noms ont circulé avant lui. Le team de la capitale était même sur le point de signer Franck Dumas récemment lâché par le CR Belouizdad. L’on se demande alors comment les choses s’étaient développées pour qu’un homme mêlé à des affaires judiciaires en lien avec le grand banditisme marseillais le supplante ? On notera, à ce sujet, qu’Anigo a été accusé de faire partie d’association de malfaiteurs et extorsions de fonds. Rien que ça.
Le profil collait peut-être avec celui qui l’a fait venir pour relancer la machine mouloudéenne. Et il est clair que le «recruteur» n’avait pas privilégié l’aspect sportif. Sinon, il suffisait juste de jeter un œil sur les récents passages calamiteux aux commandes d’une équipe pour se rendre compte que l’ancien Directeur sportif de l’Olympique Marseille n’avait, en tout cas, pas de fortes chances d’être l’homme de la situation.
D’ailleurs, en 2015, il a été essayé sur le banc de l’ES Tunis. Bilan : 5 défaites en 7 matchs. C’était sa seule expérience en Afrique. Insuffisant pour un choix intrigant. Heureusement que c’est tombé à l’eau.