Il n’imaginait certainement pas que ce qui devait être sa dernière Coupe du monde allait se passer de cette manière. Cristiano Ronaldo a quitté le Mondial samedi après la défaite du Portugal contre le Maroc. Une élimination qui vient faire tache dans une immense carrière. Le bashing, dont CR7 a été la cible depuis des mois, a même fini par faire douter son sélectionneur de la capacité du quintuple Ballon d’or à mener la
«Seleçao» vers la gloire. Une attitude incompréhensible, voire inadmissible.

Par Mohamed Touileb
Cristiano ceci, Cristiano cela, Cristiano a fait, Cristiano n’a pas fait, rumeurs, spéculations, ringardisation, à lire certains articles et entendre certains commentaires, on croyait qu’on parlait d’un joueur normal. Comme ce fut le cas tout au long de sa carrière, CR7 n’a jamais pu compter sur le soutien des médias, même ceux de son pays, pour lui offrir une sortie digne de ce qu’il a donné pour le football durant près de deux décennies.

Ten Hag assomme…
On a d’abord commencé par faire croire qu’il était indésirable chez les clubs avant de vouloir convaincre l’opinion qu’il était un boulet pour son équipe nationale. A 38 ans, lutter contre les campagnes médiatiques «destructrices» devenait plus compliqué que quand le quadruple Soulier d’or européen avait la plénitude de ses capacités footballistiques.
Il a suffi qu’il traverse un trou d’air pour qu’on s’empresse d’en faire un produit fini. En club, il a eu la malchance de tomber sur un entraîneur, Erik ten Hag en l’occurrence, qui a voulu le manager tel un joueur quelconque. Pour le buteur historique du Real Madrid (450 buts en 438 matchs), il n’y avait qu’un statut de remplaçant dans un Manchester United qui n’a plus rien du géant anglais d’il y a dix ans. Pourtant, le technicien néerlandais avait promis au joueur qu’il comptait sur lui et qu’il ne devrait pas partir lors du mercato estival. Attentif, Cristiano Ronaldo a donc décidé de ne pas bouger. C’était la première décision fatale.

… Santos achève
Ne ressentant pas la confiance du driver et avec le préjudice d’une préparation estivale ratée, le légendaire numéro 7 des «Red Devils» a éprouvé beaucoup de mal à se montrer performant. Mais ses capacités de génie footballistique ne pouvaient pas disparaître de manière aussi brutale. Alors qu’on pensait qu’il pouvait compter sur le Portugal, qu’il avait porté à bras le corps pendant des années, pour le soutenir dans cette averse, l’inverse s’est produit.
Le sélectionneur Fernando Santos a osé toucher au totem. L’enfant de Madère n’avait soudainement plus d’immunité. Lui, le meilleur buteur (118 pions) et le joueur le plus capé (196 capes) de l’équipe nationale portugaise. C’était parce qu’un sondage, qui ne devait pas mettre en péril le rapport de confiance entre les deux hommes, a laissé croire que les Portugais voulaient voir le onze sans son capitaine emblématique. «Quand j’ai dit à Cristiano qu’il n’allait pas débuter face à la Suisse (1/8 de finale NDLR), il m’a dit ‘est-ce que tu penses que c’est une bonne idée ?‘», révélait Fernando Santos. Cristiano Ronaldo a fait passer le collectif en priorité même si cette sortie pourrait être sa dernière en CDM sachant qu’on était dans la phase à élimination directe. Mais la presse lusitanienne a encore menti en notant qu’il voulait quitter la sélection après avoir appris la nouvelle. Dans la foulée, il y a eu le démenti de la fédération de foot et du concerné lui-même. En vain, puisque le journal Record a assuré que l’info en question était fiable. C’est pour illustrer l’acharnement.

Un héros en détresse
La démonstration de 6 buts à 1 et une «goleada» qui lui a fait miroiter la possibilité de se passer définitivement de lui. Et Santos a décidé de laisser sa «star» sur le banc pour la sortie face au Maroc en quarts. Cette fois, les choses avaient mal tourné avec une élimination que même l’entrée de l’ex-Madrilène n’a pas pu éviter. «Vous ne pouvez pas gagner une Coupe du monde de football avec Ronaldo sur le banc. D’accord, vous avez gagné contre la Suisse ? Excellent résultat ! Mais pouvez-vous faire cela à chaque match ? Non. Laisser Ronaldo dehors était une erreur, cette défaite incombe à la direction de l’équipe et au directeur», a estimé Luis Figo, légende portugaise lui aussi après la contre-performance.
La détresse de CR7 était visible. Dès le coup de sifflet final qui a sonné comme un coup de poignard, l’un des plus grands joueurs de tous les temps s’est dirigé vers les vestiaires avec la tête baissée et les yeux larmoyants. Il craquera dans le tunnel en voyant certainement des séquences de ces moments où il était au sommet. Il a probablement dû se dire que l’humain sera toujours ingrat et manquera de reconnaissance la seule fois où tu ne seras pas en mesure de satisfaire toutes ses attentes. n