L’idée macère depuis quelques mois maintenant, sans que le Maroc se prononce officiellement sur l’hypothèse de s’unir avec l’Algérie et la Tunisie pour candidater à l’organisation de la Coupe du Monde 2030. Néanmoins, cette probabilité est en train de s’éloigner. L’Espagne, via son chef de gouvernement Pedro Sánchez, vient de tendre la main au Royaume chérifien pour postuler à l’accueil du Mondial 2030 en compagnie du Portugal. Avec les enjeux géopolitiques que cache cette manœuvre, on voit mal comment nos voisins refuseraient cette proposition.

Du côté du gouvernement algérien, «l’idée est toujours évoquée pour une organisation à trois de la Coupe du Monde 2030 par le Maroc, la Tunisie et nous. Un dossier conjoint reste un sérieux atout quand on sait que la concurrence pour avoir le privilège d’organiser un Mondial nécessite de gros moyens. Je pense que, compte tenu de sa position stratégique, son climat et ses infrastructures de haut standing, le Maghreb aura de fortes chances de voir sa postulation aboutir mais on verra.» C’est ce que le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Mohamed Hattab, avait indiqué jeudi dernier.
Manifestement, le successeur de El-Hadi Ould-Ali n’est pas au courant que les plans ont changé ces derniers temps. Le Maroc pense toujours à s’associer pour conforter son dossier. Mais les alliés ne seront, manifestement, pas maghrébins. En effet, l’Espagne, par le biais de son Premier ministre Pedro Sánchez, qui était de passage chez le Roi Mohammed VI le 19 novembre dernier, s’est montré emballée par cette idée. «Cela sera la première fois qu’il y aura une candidature entre deux continents, entre l’Europe et l’Afrique […]. Le roi Mohammed VI a très bien accueilli cette proposition», a déclaré le responsable espagnol à l’issue d’une entrevue avec le souverain marocain.

L’union fait plus que jamais la force

Aussi, Pedro Sanchez a soutenu que «nous allons travailler avec le Portugal à la présentation de cette candidature hypothétique qui, je pense, sera très compétitive et nous réjouit beaucoup». Les Ibères savent que cette union symbolique entre les deux continents pourrait peser dans la désignation des hôtes pour le centenaire de la CDM, qui s’est déroulée pour la première fois au Paraguay en 1930. Justement, l’Uruguay souhaite se représenter pour abriter la grand-messe universelle et prévoit de s’allier avec l’Argentine et le Paraguay. Par ailleurs, les pays des Balkans, à savoir la Grèce, la Bulgarie, la Roumanie et la Serbie, envisagent également une candidature unifiée tout comme le Royaume-Uni et l’Irlande.  Avec un coût d’organisation faramineux, les dossiers conjoints deviennent désormais tendance. Aussi, le passage de 32 à 48 équipes ne laisse pas vraiment le choix pour une meilleure gestion logistique du tournoi, avec un flux considérable des supporters qui viendront des quatre coins du monde.

La RFEF pas chaude

Pour revenir au projet soumis par les Espagnols, il faut savoir qu’il présentera certaines contraintes. D’autant plus que la fédération locale de football (RFEF) ne semble pas vraiment tentée par cette alliance. La raison ? Les défaillances organisationnelles constatées lors de la Supercoupe d’Espagne entre le FC Barcelone et le FC Séville, le 2 août dernier au stade Ibn-Batouta à Tanger. Ajoutez à cela les problèmes de visas et de circulation qui pourrait se poser sérieusement. En tout cas, le Maroc pensera, c’est certain et légitime, à s’allier aux meilleurs pour briguer l’organisation du prestigieux rendez-vous footballistique.
L’Algérie et la Tunisie sont plus proches, mais l’Espagne et le Portugal présentent plus de garanties pour que la démarche aboutisse cette fois. In fine, notons que les Marocains ont vu les cinq précédentes candidatures pour les Mondiaux 1994, 1998, 2006, 2010 et 2026 faire choux blanc. Ils ne seraient donc pas prêts à subir un nouvel affront et feront tout pour obtenir ce qu’ils désirent tant.