Le Maroc devait évincer l’Espagne en 1/8 de finale de Coupe du Monde 2022 pour accrocher le tour suivant. Face à la « Roja », les Marocains ont livré une partie très solide. Notamment sur le plan défensif. Suffisant pour aller chercher le ticket pour les quarts. Une performance qu’ils n’avaient jamais réalisée jusque-là. Sensationnel !

Par Mohamed Touileb
Les Espagnols avaient marqué lors de chacune de leurs trois premières sorties dans le tournoi. Ils avaient même réussi à passer 7 buts au Costa Rica lors de la première journée. Mais en face, il y avait une arrière-garde marocaine qui a montré une solidité remarquable. En effet, les filets de Yassine Bounou n’avaient tremblé qu’une seule fois lors du premier tour. Et c’était sur un contre-son-camp.

Ils ont laissé le ballon aux Espagnols
On savait préalablement que la Roja allait essayer de mettre le pied sur le ballon pour une équipe qui fait plus de 1000 passes/rencontre. Et l’entraîneur Walid Regragui le savait préalablement. Lui et ses protégés étaient donc prédisposés à laisser le ballon à l’adversaire.
« Ils sont à 70 % de possession sur le premier tour, en ayant joué l’Allemagne. Après, la possession rapporte-t-elle toujours des points ? Je ne sais pas, il faudrait demander à la FIFA si ça donne des points en plus… On a laissé le ballon à la Croatie ou la Belgique, le Japon a eu 17 % de possession contre l’Espagne, ils gagnent, 20 % contre Allemagne, ils gagnent. Dans le football moderne, des gens veulent le ballon, d’autres ne le veulent pas. Demain, on espère surtout que l’Espagne ne saura pas quoi faire avec », charriait le technicien de 47 ans lors de la conférence d’avant-match tenue lundi.

Une défense en béton
Il faut dire que les Ibériques n’ont pas vraiment inquiété le Maroc en mettant le pied sur la balle. D’ailleurs, il n’y a pas eu d’occasions franches pour scorer de part et d’autre. L’enjeu a quelque peu pesé sur la physionomie de ce duel entre les modes attaque et contre-attaque. L’explication était assez fermée avec une défense vaillante du côté marocain. Notamment Aguerd qui a été impérial.
Malheureusement, il a dû quitter les siens sur blessure aux adducteurs à la 84e minute. On craignait que ce fait de jeu allait dérégler la dernière-ligne des Marocains. Pas vraiment puisqu’El-Yamiq a mis autant d’impact. Il fallait passer par les prolongations pour essayer de se départager. Sofyan Amrabat, excellent dans l’entre-jeu, & cie ont montré la même rigueur que lors des premières 90 minutes.

Cheddira se loupe, Bono héro du soir
En prolongations, il y a eu un premier frisson à la 114e minute lorsqu’Ounahi a lancé Cheddira. Ce dernier s’est heurté au keeper Simon qui a sorti sa tentative à bout portant. Une opportunité comme celle-là, il ne pouvait pas y en avoir à la pelle. Surtout au fur et à mesure qu’on se rapprochait des tirs au but.
Et c’est la roulette russe qui a décidé du sort de ce huitième de finale du Mondial après un raté de Sarabia dans les ultimes instants (120’+3) côté espagnol. L’exercice en question a tourné en faveur des Marocains (3 t.a.b 0) qui retrouveront le vainqueur de Portugal – Suisse qui se jouait à l’heure où nous mettions sous presse en quarts. Après l’élimination du Sénégal dimanche, l’Afrique peut compter sur les Lions de l’Atlas pour porter l’étendard CAF dans cette messe planétaire. Ils réalisent leur meilleure performance à ce niveau après avoir atteint les 1/8 en 1986. n