L’accord Opep+ de janvier dernier et l’entrée en vigueur de la baisse volontaire de 1 million b/j de la production saoudienne, du 1er février à fin mars, se sont vite traduits par des cours du pétrole à la hausse. Preuve en est, le Brent flirtait avec la barre des 60 dollars vendredi. Un cours jamais atteint depuis les l’apparition de la pandémie de la Covid-19. Pour le détail, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril a gagné 50 cents ou 0,84% à Londres vendredi par rapport à la clôture de jeudi, à 59,34 dollars. Il avait grimpé en séance à 59,75 dollars. De son côté, le baril américain de WTI pour le mois de mars s’est apprécié dans le même temps de 1,10% ou 62 cents à 56,85 dollars, après avoir atteint 57,09 dollars, au plus haut depuis le 22 janvier 2020.
A propos de la hausse des cours de l’or noir, enregistrée cette dernière semaine, l’analyste de Commerzbank, Eugen Weinberg, tire ce constat : «Les prix du pétrole continuent de grimper en flèche et le Brent se rapproche de la barre psychologique importante des 60 dollars le baril.» Toujours dans ce même ordre d’idées, Stephen Innes chez AXI explique cette hausse par le fait que «les commentaires de soutien de l’Opep, au sortir de leur réunion de mercredi dernier, sont le principal moteur de cette hausse». Dans ce sillage, des analystes notent que l’affaiblissement du dollar a aussi aidé à hisser les cours de l’or noir. Il importe de savoir, par ailleurs, que les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés ont signifié, cette semaine, leur confiance dans la reprise de l’économie mondiale et, par ricochet, celle de la demande de pétrole brut, tout en maintenant leur politique de contrôle drastique de l’offre. «Les premières données sur la production de l’Opep en janvier suggèrent, également, que le respect des quotas s’est amélioré», a ajouté M. Innes. Mais pour Matt Smith, de Clipper Data, «le marché est un peu trop sûr de lui». L’analyste ne partage pas cet optimisme sur la demande «alors que celle de l’essence aux Etats-Unis est toujours inférieure de 10% à ce qu’elle était il y a un an et que des confinements sont encore en vigueur en Europe et en Asie».
«L’espoir et l’optimisme d’une reprise totale semblent déjà intégrés dans les prix et il est inévitable que l’on approche cette barre des 60 dollars», a affirmé l’analyste, soulignant «l’appétit général pour le risque à travers les marchés», comme l’a montré Wall Street en hausse pour la 5e séance d’affilée. S’il a atteint de nouveaux records en près d’un an, le Brent n’est, cependant, pas à son maximum de l’année dernière, à 71,75 dollars le baril.
Concernant le dernier accord de l’Opep+, les exportateurs de pétrole et leurs partenaires ont fait le point sur le taux de conformité atteint par la baisse de leur production. Ainsi, il en ressort que le taux de conformité aux quotas de production, prévus dans l’accord sur la baisse de la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés, a atteint 99% au mois de décembre 2020, a fait savoir le ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar. En effet, «le taux de conformité des membres de l’Opep a atteint 103% en décembre dernier, tandis que le taux de conformité des pays non membres de l’Opep est de 93%, soit un taux total de 99%», a révélé Abdelmadjid Attar, à l’issue des travaux de la 26e réunion du Comité ministériel conjoint de suivi de l’accord Opep+. Un bilan qui a été qualifié de positif. n