Par Bouzid Chalabi
Alors que le nombre de personnes contaminées à la Covid-19 est en nette recrudescence, ces derniers jours, contrairement à l’Aïd El Adha passé, où l’on se rappelle que les points de vente de moutons étaient soumis à autorisation par les pouvoirs publics par mesure de prévention, cette année les enclos de fortune et autres lieux de ventes improvisés ne cessent de proliférer dans et aux abords des villes. Et bien que le Comité scientifique de suivi de l’évolution du coronavirus, qui s’est réuni dernièrement in extremis et de façon extraordinaire, a tiré la sonnette d’alarme quant au danger qui guette la santé publique devant l’arrivée d’une troisième vague de contamination.
Ce faisant, les regroupements de masse dans les points de vente de moutons de l’Aïd El Adha constituent donc bel et bien un risque majeur de contamination en cette période où le nombre de personnes affectées par le virus de la Covid-19 est sur une courbe ascendante qu’on devrait d’ailleurs prendre au sérieux.
D’où des mesures de prévention d’urgence s’imposent comme cela a été le cas pour l’Aïd El Adha 2020, à savoir mettre sous haute surveillance les marchés à bestiaux et les points de ventes réputés par l’offre en nombre de têtes de mérinos et leurs prix attractifs.
Pour l’heure, sur le terrain, c’est l’insouciance totale. En effet, lors d’une virée de Reporters du côté de Baraki et Bab Ezzouar, dans la banlieue Est de la capitale, où sont improvisés comme de coutume de grands centres de ventes et où affluent au quotidien un nombre considérable d’acheteurs potentiels et autres curieux, sans omettre de citer les revendeurs occasionnels espérant dénicher la bonne affaire, la vigilance et la prudence sont inexistantes. A croire que le pays en a fini avec les risques de la pandémie au coronavirus alors que c’est le contraire. Et pour en avoir le cœur net, il suffit d’observer la courbe des nouveaux cas de contaminations enregistrés au quotidien durant ces quatre derniers jours. Elle démontre que le risque est de plus en plus majeur. Faut-il donc éviter le scénario du pire en revenant à des mesures plus fermes, voire même, si besoin est, musclées ? Une éventualité qui tient la route et qui a ses partisans chez les épidémiologistes.
Toujours dans ce même ordre d’idées et à partir du moment où les points de vente sont à l’origine de rassemblements et de regroupement sans relâche, du moins jusqu’à la veille de l’Aïd El Adha, n’y a-t-il pas lieu de parer au plus pressé, celui de réduire le nombre de points de vente tout en imposant sur ces lieux le strict respect du protocole sanitaire et en tenant compte également des consignes relatives à la distanciation sociale, c’est-à-dire éviter le contact en masse. Ce qui, reconnaissons-le, est facile à dire mais très difficile à faire appliquer sur place tant le regroupement en ces lieux fait partie intégrante de leur animation.
Il va falloir au comité de trouver la solution idoine car on ne peut supposer d’interdire tous les marchés et les points de ventes à l’occasion de l’Aïd El Adha. Cela relève de l’invraisemblable. Du coup, la mesure qui semble la plus appropriée dans de telles circonstances serait de mettre sur pied des vigiles mobiles afin d’imposer le port obligatoire de bavettes à tout individu en ces lieux et à interdire la circulation à tout récalcitrant ne voulant pas respecter le protocole sanitaire. Une condition incontournable si l’on ne veut pas faire face à une vague de contamination que nos hôpitaux ne seraient pas en mesure de prendre en charge. Replongeant ainsi le pays dans un climat de psychose comme cela a été le cas lors de l’apparition du virus Covid-19 dans le pays. En définitive, tout un chacun doit rester très vigilant dans les lieux à fort regroupement comme ceux des points de vente de moutons de l’Aïd El Adha. <