Ça y est. L’épisode Aouar est terminé. Ou presque. Entre l’Algérie et la France, le Lyonnais a tranché. De manière définitive parce qu’il a dit «ressentir beaucoup de fierté» d’avoir été sélectionné par Didier Deschamps. C’était avant d’apprendre qu’il était positif à la COVID-19 et qu’il devra faire l’impasse sur le regroupement de l’EDF. Retour sur un choix controversé et fortement critiqué en Algérie. Même si le concerné était, depuis toujours, «difficilement sélectionnable» selon le driver de l’EN, Djamel Belmadi.

Vous le savez pertinemment, Belmadi ne dit rien pour rien. Il a une com’ limpide avec des propos clairs bien qu’ils soient parfois subliminaux. Il y a dix mois, il a signifié qu’il n’était pas simple que Aouar devienne international algérien. «Aouar est difficilement sélectionnable si on regarde le passé. A part les joueurs de la glorieuse équipe du FLN, y a-t-il eu un joueur qui a dit ‘j’arrête l’équipe de France. Je fais la démarche et je vais jouer en Algérie’? Ça n’a jamais existé. Donc là, si ça se fait, ça serait une première. Disons que ce n’est pas impossible», avait lâché le coach des Fennecs.
L’ancien driver d’Al Duhail (Qatar) a aussi assuré que le concerné «sait très bien que nous sommes intéressés. Je dis bien ‘’très bien’’.» Une répétition peu anodine qui prouve clairement que le Lyonnais a été concrètement approché et que Belmadi lui a fait part de son intérêt.

Belmadi, l’envie et la «déstarification»
Auparavant, au mois d’octobre, l’architecte de la 2e étoile africaine de l’Algérie a indiqué que «Si on sent qu’il a l’envie de jouer pour son pays d’origine on avancera d’un pas, mais s’il ne se sent pas concerné, on passera à autre chose», non sans noter que «bien-sûr, on souhaite qu’un joueur comme Houssem, qui est une valeur ajoutée, soit avec nous.» En décrypté, le premier responsable de la barre technique d’El-Khadra savait d’avance que le risque que cette arrivée ne soit pas possible était accru. Surtout qu’il y a eu des épisodes similaires par le passé avec Nabil Fékir qui a opté pour la France sur le fil alors que tous les rapports l’envoyaient chez les Verts.
Pour ceux qui connaissent le mode opératoire de Belmadi, ils savent qu’il n’est pas du genre à insister pour que quelqu’un vienne. D’ailleurs, il ne met aucun joueur par-dessus l’équipe. D’ailleurs sa première approche après sa désignation était de faire comprendre aux joueurs qu’il n’y a pas de star dans les troupes et que personne n’est indispensable que par ses performances mais aussi son attitude. Et ça lui a réussi puisqu’il a bâti une véritable machine à gagner (série de 18 matchs sans défaite) et un groupe parti chercher la CAN-2019 en Egypte l’été dernier.

Binationalité et bipolarité
Dans cette histoire, on sait, d’une source sûre, que la FAF et Belmadi n’ont jamais vraiment tenu le bon bout dans ce dossier. Depuis toujours, le Gone a joué pour la France. Il est venu au monde là-bas et a été formé dans l’un des centres de formations les plus réputés qu’est celui de l’Olympique lyonnais. Le fait qu’il opte pour les «Bleus» n’a rien de surprenant. C’est même un logique prolongement.
D’ailleurs, dans un long entretien accordé au quotidien «L’Equipe», il a dit «ressentir beaucoup de fierté» de porter le maillot des Champions du Monde 2018. «Je vais à Clairefontaine en étant conscient que je serai au contact de grands joueurs. Ce sera ma première, alors je vais forcément rester discret. Mais sur le terrain, à l’entraînement, je serai à 200%. Oui, j’ai vu que j’étais dans la liste des attaquants. C’est bien d’être polyvalent, cela permet de se placer dans plusieurs grilles, plusieurs organisations. Je suis la pour découvrir, et si j’ai la chance de jouer, essayer d’apporter ce que je sais faire. Mais sans vouloir remplacer qui que ce soit, et je ne me vois pas me comparer à ces grands joueurs qui ont fait énormément», avait prévu le milieu de terrain de 22 ans.
Néanmoins, un fait est venu perturber ses plans. Il a été testé positif à la COVID-19. Ce qu’il l’a contraint à être en quarantaine et faire l’impasse sur cette convocation. Ce fut le cas pour la première en septembre dernier quand Didier Deschamps l’avait sollicité pour suppléer Paul Pogba. Une blessure aux adducteurs l’en avait empêché. Ce contretemps sanitaire a, inévitablement, suscité les vives réactions en Algérie. Certains ont même pensé que c’était une sorte de karma pour un «déraciné» qui a nié ses origines. Une extrémité et une violence dans les propos qui viennent, de nouveau, prouver que la binationalité est une sorte de dilemme qui fera toujours des mécontents dans les deux camps. Avec ou sans Aouar, l’EN existera. Et avec ou sans l’Algérie, Aouar fera son bout de chemin. Après tout, on ne perd que ce qu’on possède. Et Houssem n’a jamais, concrètement, appartenu à l’Algérie. n