Le talent, il l’a. Certainement. Même s’il a connu des moments difficiles physiquement. Avec un genou qui a longtemps été récalcitrant, Faouzi Ghoulam a dû batailler pour rester au plus haut niveau. Il a même renoncé à disputer la CAN-2019 pour pouvoir se remettre d’aplomb parfaitement. En déclinant la convocation de Djamel Belmadi, sélectionneur national, pour disputer le tournoi continental, il l’avait fâché. Conséquence : il a été «rayé» de ses plans. Toutefois, pragmatique qu’il est, le coach de l’EN pourrait le réintégrer incessamment tant le sociétaire du Napoli SSC semble retrouver un bon niveau de performances.

Vendredi, Ghoulam a été titularisé pour la 2e fois de suite en Europa League à l’occasion de la 5e journée de la phase de poules. C’était lors du déplacement des Italiens aux Pays-Bas pour affronter l’AZ Alkamaar. L’Algérien a disputé 66 minutes avant d’être remplacé par le Portugais Mario Rui. L’ancien sociétaire de l’AS Saint-Etienne a paru suffisamment affuté physiquement. Son genou, dont beaucoup ne donnaient pas cher après deux interventions, semble assez solide.
Petit à petit, Gennaro Gattuso l’intègre dans ses plans. Même s’il faut noter qu’en Serie A, le «Fennec» n’a fait que grignoter quelques minutes par-ci par-là. Il en a compilées 48 au total contre 166 dans l’épreuve européenne. Son entraîneur avait déjà assuré qu’«il va bien, c’était seulement à moi de lui donner une chance. Il a bien joué.» C’était dans l’épreuve européenne à l’issue de la rencontre de son équipe face à Rijeka (2-0) disputée le 26 novembre dernier.

«Il peut encore donner»
Pour ce qui est d’un comeback chez les «Verts», il restera tributaire de Belmadi qui privilégie l’intérêt du groupe avant tout. Le chef de la barre technique d’«El-Khadra» a déjà assuré n’avoir «aucun problème personnel avec Ghoulam pour ne pas le convoquer. Si je le fais ce choix c’est pour l’équipe nationale.»
En tout cas, le latéral gauche de 29 ans essaie clairement de redevenir le défenseur qu’il était avant de passer sur le billard. On rappellera aussi qu’il avait rechuté, en février 2018, après son retour précipité qui lui a coûté très cher puisqu’il en avait payé les conséquences une année après en décidant de faire l’impasse sur la CAN remportée par ses compatriotes en Egypte.
Pourtant, il était bien présent dans la pré-liste de la CAN. Mais l’ex-Stéphanois avait souhaité être exempté du tournoi pour éviter toute mauvaise surprise. Psychologiquement, celui qui n’a jamais joué sous les ordres de Belmadi depuis sa venue en août 2018 donnait l’impression d’accuser le coup. Il avait toujours cette phobie de voir son genou le lâcher encore une fois. D’éventuels nouveaux soucis pouvaient, en effet, affecter et menacer considérablement son futur de footballeur professionnel.
Après cet «incident» le driver de l’Algérie avait estimé que «Ghoulam a donné à l’Equipe nationale, il peut encore donner, il ne faut pas rabaisser les joueurs qui ont servi la sélection. Pour sa convocation, Faouzi, j’ai déjà fait part de son message, il nous a fait plutôt part à nous tous qu’il n’était pas prêt physiquement donc voilà.» Sans détour.

Une décision forte pour Belmadi
Par la suite, l’ancien entraîneur d’Al-Duhail a souvent été interrogé sur l’avenir de Ghoulam chez l’EN. Il voulait toujours parler des présents : «parlez-moi de Ilyes Chetti, de Ramy Bensebaïni, ou de Mohamed Farès. Le jour où il nous fera part de sa disponibilité, on reconsidérera sa sélection», avait-il précisé. Une manière de rappeler que les absents ont toujours tort.
Il faut dire que le fait que Ghoulam ait décliné la convocation avant l’épreuve africaine majeure avait, manifestement, déplu à Belmadi qui avait espéré qu’ «il n’y aura pas d’impact. Je ferais en sorte que ce poste soit occupé. Je n’ai pas l’occasion d et travailler avec Ghoulam depuis que je suis coach. Mais Bensebaïni et Fares ont toute ma confiance.» La suite on la connaît, l’Algérie est devenue championne d’Afrique. Et c’était écrit que cela arrive sans Ghoulam. Peut-être que cet épisode était une case dans le destin.
Toutefois, dans le football rien n’est figé. Avoir un élément comme Ghoulam dans l’effectif reste un véritable acquis et une carte de luxe. Surtout que Bensebaïni n’a pas vraiment de doublure de qualité dans le flanc gauche de la défense. Mohamed Fares, milieu gauche beaucoup plus, n’est pas aussi fort que le Napolitain défensivement. Même pour ce qui est de la qualité de centres. Un basculement dans la hiérarchie serait imminent. On aura plus d’indices d’ici le mois de mars, prochaine date FIFA avec les matchs contre la Zambie et le Botswana pour le compte des 5e et 6e journées des Eliminatoires de la CAN-2022. n