Devant se dérouler au mois de juillet dernier, le procès des accusés dans le meurtre du jeune Djamel Bensmaïn survenu en août 2021 à Larbaâ Nath Irathen (Tizi Ouzou) a débuté hier au Tribunal pénal de première instance de Dar El-Beïda (Alger) et dans lequel seront auditionnés 102 accusés dont quatre femmes.

PAR NAZIM B.
L’audience a débuté par la convocation des accusés entre ceux arrêtés et ceux qui n’ont pas été arrêtés dans des affaires de délits, dont la «réception de fonds de l’étranger dans le cadre d’un groupe ou d’une organisation en vue de commettre des actes attentant à la sécurité de l’Etat, à l’unité et à l’intégrité nationale en exécution d’un plan orchestré à l’intérieur du pays et à l’étranger…», selon des avocats.
Il s’agit aussi de la «la production et la diffusion d’enregistrements, l’incitation à un attroupement armé, l’incitation à s’en prendre violemment à des membres de la force publique dans l’exercice de leurs fonctions, l’incitation au sabotage des biens d’autrui, et la création et l’administration d’un site internet dédié à l’apologie des programmes, idées, actualités, dessins ou images incitant à la discrimination et à la haine dans la société».
L’audience se poursuivra, ont affirmé des avocats, par la présentation des chefs d’accusation, à savoir «commettre d’actes terroristes et subversifs contre l’Etat, l’unité nationale et la stabilité et le fonctionnement normal des institutions en semant la terreur au sein de la population et en créant un climat d’insécurité en agressant des personnes, en mettant leur vie en danger et en portant atteinte à leurs biens, ainsi que la participation à un homicide volontaire avec préméditation et guet-apens».
Au mois de juillet, le Tribunal pénal de première instance de Dar El Beida (Alger) a reporté le procès suite à la demande des avocats de la famille de la victime qui a réclamé la mise à disposition d’équipements audiovisuels pour visionner les CD montrant le meurtre ainsi que la présence de tous les mis en cause non arrêtés.
La défense de la famille Bensmaïn a demandé au juge la présentation des preuves, constituées en l’ensemble des vidéos filmée lors du lynchage et l’assassinat du défunt Djamel Bensmain né 23 février 1985 à Miliana, wilaya d’Aïn Defla.
Présent au tribunal algérois et faisant partie des membres du collectif d’avocats de la famille Bensmail, Me Abdelmadjid Sellini, ancien bâtonnier du barreau d’Alger, a expliqué que ces vidéos constituent «les éléments nécessaires qui vont permettre de retracer les faits et tout ce qui s’est passé le jour de l’assassinat».
Pour Me Sellini, les éléments demandés vont permettra également «à la justice et à l’opinion publique de comprendre toutes les circonstances de l’assassinat», soulignant que «des accusés ont reconnu leur appartenance au Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), classé en 2021 par les pouvoirs publics comme organisation terroriste».
Il a déclaré par ailleurs qu’il ne peut pas affirmer «si des parties étrangères sont intervenues dans l’assassinat du défunt Djamel Bensmain et la justice démontrera si c’est le cas ou non».
Me Soufiane Dekkal, avocat de la défense constitué dans l’affaire a indiqué que le report a été prononcé sur demande de la défense «en raison du manque de matériel électronique, entre autre un datashow, pour pouvoir reconstituer la scène des faits», ajoutant qu’il y a aussi des accusés qui sont toujours «recherchés» en plus de quelques témoins «qui ne sont pas présentés au procès». Les prévenus sont poursuivis pour «participation à un meurtre avec préméditation», selon le même avocat. Ils sont également poursuivis à différents degrés, «sur la base de l’article 87 bis du Code pénal», notamment pour «atteinte à la sécurité de l’Etat, attaques contre le personnel de la sécurité, semer la terreur au sein de la population et appartenance à une organisation terroriste», précise-t-il.
Le juge avait appelé à la barre avant le renvoi du procès toutes les parties concernées par l’affaire dont 9 accusés en fuite, la partie civile dans laquelle figure notamment Nordine Bensmain, le père du défunt, 30 policiers de la DGSN activant à Tizi Ouzou au moment des faits et des représentants d’Algérie Télécom dans la même wilaya. <