Attendu pour aujourd’hui, la chambre d’accusation de la Cour d’Alger (Ruisseau) ne va finalement statuer sur l’appel du Procureur du tribunal de Sidi-M’hamed sur le transfert du dossier de Karim Tabbou pour le programmation de son procès que le mercredi 12 février prochain. Ce qui prolonge son séjour carcéral au moment où la question de la libération des détenus d’opinion se pose avec acuité avec la multiplication des appels à leur élargissement.
C’est dans ce sens que les regards seront braqués aujourd’hui vers le tribunal de Bir Mourad Raïs qui prononcera le verdict dans l’affaire de l’activiste Samir Belarbi, une autre figure du mouvement populaire, en prison.
Le Procureur de la République près le même tribunal a requis, faut-il le rappeler, trois ans de prison ferme et une amende de 50 000 DA contre Belarbi, poursuivi en vertu des articles 79 et 96 du code pénal, pour «diffusion de tracts susceptibles de porter atteinte à l’unité nationale ». Pour sa part, le tribunal de Annaba a acquitté, hier, Mustapha Bendjama, rédacteur en chef du journal le Provincial. Ce dernier placé sous contrôle judiciaire était poursuivi pour «incitation à l’attroupement non armé, empêchement du processus électoral ». Le tribunal, indique le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), a levé l’interdiction « d’accès aux lieux de rassemblements ou places où se déroulent des actions de protestations et marches, mais a maintenu, en contrepartie, l’ISTN (interdiction de sortie du territoire national) dont il est frappé depuis le 26 novembre dernier. Lors de son procès, le 19 janvier dernier, le Procureur avait requis six mois de prison ferme et une amende de
50 000 DA. Jeudi dernier, le journaliste, ajoute le CNLD, avait reçu une convocation du commissariat central où il a récupéré son matériel informatique saisi par la police lors de sa première arrestation.
A Skikda, le Procureur près le tribunal de Skikda a requis un an de prison ferme contre un porteur du drapeau berbère Walid Laidouni. Ce dernier, arrêté au 40e vendredi de mobilisation populaire, est poursuivi comme les porteurs de l’étendard amazigh « pour atteinte à l’unité nationale », énoncé dans l’article 79 du code pénal. Le verdict devrait être prononcé le 1er mars. A Guelma, le procès en appel d’Abdelkader Benamara a été renvoyé pour dimanche prochain. Le mis en cause, arrêté le 10 octobre dernier et placé en détention préventive le 14 du même mois, a été condamné à 6 mois de prison ferme pour « atteinte à l’unité nationale ».