Le procès en appel du journaliste Khaled Drareni, en détention à la prison de Koléa (Tipasa), est programmé au 8 septembre prochain, a indiqué hier le Collectif de défense du fondateur du site Casbah Tribune, condamné le 10 août dernier à 3 ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA ainsi que 4 ans de privation de ses droits civiques.
La programmation de ce procès en appel intervient au lendemain de l’action de solidarité organisée par des journalistes, appuyés par d’autres citoyens et des militants politiques, devant le siège de la maison de la presse Tahar-Djaout au cours de laquelle a été réclamée la libération du journaliste poursuivi pour «incitation à attroupement» et «atteinte à l’unité nationale».
La condamnation de Khaled Drareni à 3 ans de prison ferme a suscité une vague d’indignation et de désapprobation auprès des professionnels de la presse et d’autres pans de la société qui ne cessent depuis d’exprimer leur solidarité au détenu qui bénéficie également des signes de soutien émanant de l’étranger, notamment de la part des médias et des organisations du secteur.
Lors de l’annonce de la sentence par le Parquet de Sidi M’hamed, les avocats du journaliste ont dénoncé un «verdict inique» et des «poursuites infondées» dans un dossier qu’ils ont jugé «vide».
«Dans le cas de Drareni, on ne lui a pas appliqué la loi organique sur l’information car tous les faits qu’on lui reproche sont régis par cette dernière qui, au demeurant, le protège et ne prévoit aucune sanction pénale. On a contourné la loi sur l’information pour lui appliquer le code pénal. Nous continuerons nos plaidoyers jusqu’à sa libération», a fait remarquer l’avocat Nourreddine Benissad.
Pour sa part, l’avocate Zoubida Assoul a fait part de son «choc» à l’annonce du verdict. «On est sous le choc. Dans le pire des cas, on s’attendait à une requalification, parce que la loi interdit de donner plusieurs qualificatifs à un seul fait. Ensuite, étant journaliste, Khaled Drareni n’a commis aucune infraction. Il n’a fait que son métier de journaliste en couvrant les manifestations pacifiques. Il l’a dit pendant l’audience, il couvrait même les manifestations qui appelaient aux élections. C’est un acharnement particulier contre Khaled Drareni», a-t-elle réagi.
Arrêtés le 7 mars lors d’une marche à Alger et présentés le 10 du même mois devant le juge, le journaliste Drareni a été mis sous contrôle judiciaire et deux militants placés en détention provisoire. Par la suite, et en date du 28 mars, le contrôle judiciaire de Khaled Drareni a été annulé en appel pour le placer en détention provisoire, jusqu’au 10 août qui a vu le Tribunal de Sidi M’hamed prononcer le verdict condamnant Drareni à 3 ans de prison ferme.
Le 8 septembre prochain aura également lieu le procès en appel des deux autres accusés, à savoir Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, qui ont été condamnés à 2 ans de prison, dont 4 mois ferme, et une amende de 100 000 DA ainsi que 4 ans de privation de leurs droits civiques dans la même affaire, lors du verdict le 10 août dernier. Arrêtés, faut-il le souligner, dans les mêmes circonstances, Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche avaient été mis en liberté provisoire le 2 juillet dernier, tandis que Khaled Drareni a été maintenu en détention, un traitement qu’ont dénoncé les avocats du journaliste qui ont évoqué une «décision arbitraire et politique». Au cours de l’instruction comme lors du procès qui s’est déroulé en visioconférence à cause de la pandémie du coronavirus, le journaliste a constamment défendu l’idée qu’il n’a fait qu’exercer son métier «en couvrant les manifestations publiques, mais également celles organisées en faveur du pouvoir». <