Le quotidien El Watan disparaît des kiosques, une nouvelle fois, à partir d’aujourd’hui, dans ce qui marque incontestablement la persistance de la crise financière et le climat social délétère que traversent l’entreprise et qui a contraint les travailleurs, sans salaires depuis 5 mois, à déclencher un mouvement de grève reconduit pour la troisième semaine de suite.
Après avoir été absent des kiosques les 13 et 14 juillet, suivi d’une deuxième disparition de trois jours, les 19, 20, 21 juillet, El Watan ne sera pas présent chez les buralistes dès ce lundi et ce, jusqu’à la fin de la semaine. «Les travailleurs de la SPA El Watan sont sur le point de boucler leur cinquième mois sans salaire. Devant la persistance de cette situation des plus intenables, ces derniers, réunis autour de leur section syndicale, ont décidé de poursuivre le mouvement de grève cyclique observé le 12 juillet 2022», a indiqué, hier, la section syndicale dans un communiqué, le quatrième depuis que le malaise social que vit le journal a été porté sur la place publique.
«Ce mouvement de grève reprend donc aujourd’hui 24 juillet 2022 pour une durée de quatre jours conformément au préavis de grève déposé auprès de l’employeur le 22 juin 2022», a expliqué la section syndicale, qui met en garde que «dans le cas de non-versement des salaires impayés, le mouvement de grève reprendra le 29 juillet et sera illimité».
Bien que resté fidèle à sa ligne de contestation, le bureau syndical du quotidien El Watan se déclare «ouvert à tout dialogue sérieux et constructif», tout en espérant que «cette situation connaîtra un dénouement rapide dans l’intérêt des travailleurs et de l’entreprise».
De leur côté, les actionnaires et membres fondateurs du journal ont indiqué, dans un communiqué, avoir tenu le 13 juillet une assemblée générale pour examiner la situation financière et le climat social au sein de l’entreprise. «Ils ont pris acte du mouvement de grève déclenché à l’appel de la section syndicale UGTA de l’entreprise pour protester contre le non-versement des salaires des travailleurs depuis 4 mois», ont-ils indiqué, estimant que «ce retard de paiement est imputable au blocage des compte bancaires de l’entreprise depuis le mois de mars dernier en raison d’un contentieux l’opposant à l’administration fiscale».
Bien que jugeant «le redressement d’El Watan possible grâce à ses actifs, au fort potentiel de son lectorat et à sa fidélité», les actionnaires du titre estiment qu’il y a «urgence car la persistance des blocages aggrave de jour en jour le déficit financier et la précarité du personnel». L’Assemblée générale des actionnaires s’est ainsi donnée «jusqu’à la fin du mois courant pour évaluer les perspectives de normalisation ou non» pour prendre «les mesures qui s’imposent quant à l’avenir de l’entreprise».
Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et le Parti des travailleurs (PT) ont exprimé dans des communiqués leur solidarité avec les travailleurs et journalistes.