Le Haut-commissariat à l’amazighité (HCA) rendra hommage, le 17 novembre prochain, à partir de 10h, à Khadidja Hamsi pour l’ensemble de sa riche carrière de créatrice de mode et de chanteuse amazighe.

Lors de cette cérémonie, les organisateurs mettront en exergue le parcours et le travail de cette grande dame, qui œuvre depuis de longues années à la promotion de la culture amazigh à travers ses créations de styliste, mais également ses dons d’interprète de chants amazighe.
Le parcours de Khadidja Hamsi est nourri du riche brassage kabylo-chaoui. En effet, son père est un Kabyle de Béjaïa, plus précisément du mythique village de Sidi-Aïch, et sa mère est native du village de Aïth Zrara, des Aurès. Un brassage culturel amazigh qui serait peut-être l’explication du secret de son amour pour le patrimoine et l’identité algériens qu’elle sublime dans ses créations. Elle nous confie à ce sujet : «Je n’ai appris de personne mais je me suis inspirée de mon entourage et d’artistes qui m’ont marquée.» Elle ajoute, qu’en vérité, ses filles lui «ont mis la puce à l’oreille, car souvent elles me posent des questions sur notre identité. Le véritable déclic est venu lorsque j’ai regardé pour la première fois le film «L’Opium et le Bâton». J’ai été interpellée, à l’instar de beaucoup qui ont vu ce film, par le fait qu’une actrice française a joué le rôle de Ferrouja, la sœur d’Ali, et portait une robe kabyle de la région de Béjaïa. Cela a beaucoup touché les Auressiennes et beaucoup de filles se sont mises à porter cette robe de chez nous. Je tiens à préciser que je ne suis pas pour le clivage régional, et dans mes créations, il y a du kabyle, du staïfi, du chaoui…»
L’artiste aux multiples talents nous confie que sa principale source d’inspiration est puisée chez les grandes plumes algériennes et amazighes, comme Kateb Yacine, Asselah, Ali Zamoum et Issiakhem. Se forgeant une personnalité forte, puisée dans la culture ancestrale et les repères identitaires portés par ces grands noms, Khadidja Hamsi a choisi d’exprimer à sa manière son identité en troquant la plume et le pinceau pour créer des robes bariolées. Ce qui va devenir sa carte de visite avec une renommée nationale et internationale. Elle explique aussi qu’elle a créé et confectionné des robes pour de simples citoyennes, mais aussi pour de grandes personnalités, à l’exemple de Mme Chadli.
A propos de son talent de chanteuse, elle souligne : «Je me suis aussi intéressée à chanter surtout a capella, et particulièrement les chants chaouis. Mais comme pour le stylisme, où j’ai apporté ma touche, je l’ai fait aussi pour le chant. Une des chansons, dont je suis la plus fière, est la chanson dédiée à Issiakhem.»
Très touchée par l’hommage du HCA, Khadidja Hamsi souligne toutefois que «l’hommage que l’on me rendra samedi prochain sera l’occasion de remercier le HCA, mais aussi l’opportunité pour moi de dire des vérités occultées et de rectifier des erreurs et des fausses notes».