Le groupe médiatique privé El Chourouk veut avoir sa propre chaîne internationale. L’information a été donnée par les responsables du groupe eux-mêmes, lors de la célébration du sixième anniversaire de la chaîne El Chourouk TV, avant-hier à l’hôtel El Aurassi à Alger.

Qu’en est-il de ce projet amitieux alors que l’audiovisuel algérien est toujours à la recherche de son rayonnement sur le plan national ?
Contacté hier par téléphone, le conseiller médiatique au sein du groupe El Chourouk, Larbi Zouak, nous explique que «cette chaîne reste pour l’instant une idée qui va se transformer en projet dans les quelques semaines à venir. Ce projet sera concrétisé dans quelques mois».
Larbi Zouak, qui est aussi directeur des relations publiques au sein de ce groupe médiatique privé, présidé par Ali Fodil, affirme qu’«initialement, le siège de cette future chaîne télévisée sera à Alger, mais que probablement le studio central pourrait être à Paris ou à Londres». Avant d’ajouter que le choix de Paris, la capitale française, est dicté par le fait que c’est une ville européenne très présente dans l’imaginaire des Algériens quand ils pensent à l’étranger. «Cette chaîne sera destinée à la diaspora algérienne, magrébine et arabe. L’objectif de sa création est de mettre ces communautés au diapason des évènements liés à leur réalité et à ses perspectives», ajoute aussi le même intervenant.
Le fait que les chaînes télévisées privées qui existent dans notre pays ont des autorisations d’activité provisoires, ne constitue pas une entrave pour réaliser ce projet souligne le même intervenant. «Nous pensons que la situation actuelle dans le domaine des médias audiovisuels privés ne restera pas floue, les problématiques juridiques dans ce domaine vont être réglés à court terme».
Pour certaines chaînes télévisées qui sont destinées à l’étranger, la présence des pouvoirs publics d’un pays est fortement sentie notamment à travers le financement. C’est le cas par exemple de la chaîne France 24. Mais concernant la future chaîne El Chourouk Internationale, Larbi Zouak affirme : «Cette chaîne se financera par elle-même. La publicité reste la source de revenus la plus importante pour tout le groupe.»
À entendre certains spécialistes des médias, réaliser un tel défi avec un autofinancement n’est pas toujours simple. Une source bien informée dans le domaine audiovisuel algérien nous affirme que dans ce genre de projet «une chaîne de cette taille nécessite beaucoup d’argent. Celui qui l’entreprend doit généralement avoir comme soutien, soit des hommes d’affaires soit un appui étatique».
«Pour un tel projet, la concurrence d’autres chaînes sera forte. il y a un certain nombre d’éléments qu’il faut prendre en considération lors de la concrétisation d’un tel projet, notamment pour ce qui est de l’identité de la chaîne, des sources d’information et surtout un vaste réseau de correspondants. Mais tout cela obéit à l’objectif général du propriétaire de la chaîne lui-même. Dans le monde de l’audiovisuel, il n’y a pas d’objectifs communs ou standards, chacun travaille selon son propre objectif. Pour ce qui est de l’autorisation d’activité, ça reste tout de même assez bien accueilli dans les pays européens. Il faut surtout avoir de l’argent et un public auquel on s’adresse », conclut enfin la même source.