La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach et le groupe pétrolier français Total ont signé, hier, un mémorandum d’entente pour la réalisation d’une unité de production de propylène et de polypropylène à Arzew, près d’Oran, pour un coût de 1,5 milliard de dollars et une capacité de production de 550 000 tonnes/an de polypropylène.

L’entreprise nationale Sonatrach a conclu, hier, avec son partenaire français Total un accord dans le domaine de la pétrochimie portant sur la réalisation, le développement et l’exploitation d’un complexe de déshydrogénation du propane et de production du polypropylène (PDH-PP) en Algérie. Ce mémorandum d’entente, qui solde le contentieux de 2016 entre les deux compagnies, prévoit la création d’une société mixte dédiée selon la règle 51/49%. Intervenant lors de la cérémonie de signature, le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumene Ould Kaddour, a fait savoir que « la priorité pour la compagnie pétrolière est au business », pour preuve « sa première percée à l’international », et que « c’est le deuxième projet de pétrochimie que vient d’entamer l’Algérie. Le premier a été réalisé dans les années 1970 ». « Les travaux de cette usine seront entamés dans une année », a-t-il souligné,  affirmant que « le projet s’inscrit dans la stratégie de développement» de la compagnie nationale des hydrocarbures. Donnant plus de détails, il dira que « l’usine, qui sera dotée d’une capacité de 550 000 tonnes de propylène par an, sera financée par Sonatrach à hauteur de 30%», alors que «les 70% restants seront des fonds de financements externes». « L’usine doit permettre de valoriser le propane exploité localement et la production sera destinée en priorité au marché algérien et méditerranéen. Total se chargera de la commercialisation du reste de la production en Europe », a précisé Abdelmoumene Ould Kaddour. Pour sa part, Patrick Pouyanné, P-DG de Total, a souligné « l’opportunité de renforcer notre coopération avec Sonatrach, en investissant conjointement dans l’aval, au-delà des relations de longue date que nous entretenons ensemble dans l’exploration-production». Il a annoncé également qu’«une deuxième rencontre est programmée le 11 juin prochain».

La raffinerie d’Augusta acquise à moins d’un milliard de dollars
Par ailleurs, le P-DG de Sonatrach est revenu sur l’acquisition, mercredi dernier, de la raffinerie d’Augusta (Italie) auprès d’Esso Italiana, ainsi que trois terminaux pétroliers en Italie. Il s’est d’emblée réjoui que «Sonatrach ait acquis la raffinerie d’Augusta à un prix ne dépassant pas un  milliard de dollars». Plus explicite, il dira : «Nous avons acquis la raffinerie à un prix extraordinaire, soit moins d’un milliard de dollars, sachant que le projet de raffinerie de Hassi Messaoud coûtera 3 à 4 milliards de dollars», précisant que suite à l’appel d’offres lancé en août 2017 par Esso Italiana (filiale du groupe américain ExxonMobil), Sonatrach a soumissionné face à trois autres concurrents. Pour le P-DG de Sonatrach, «ces acquisitions donneront plus d’autonomie et coûteront moins cher car nous contrôlerons toute la chaîne», et «l’Algérie ne peut plus continuer à importer les carburants pour près de 2,5 milliards de dollars/an». La raffinerie d’Augusta, qui s’intégrera directement dans le système de raffinage de Sonatrach, est capable de traiter, à la fois, du Sahara Blend et du fuel résiduel issu de la raffinerie de Skikda. D’une capacité de traitement de 10 millions de tonnes par an, elle pourra également traiter directement des produits qui sont excédentaires en Algérie en vue de réimporter des produits aujourd’hui en déficit comme le gas oil et l’essence. Il y a lieu de rappeler, qu’en décembre 2016, les deux groupes avaient lancé une étude de faisabilité sur un projet de déshydrogénation de propane et d’une unité associée de production de polypropylène à Arzew, près d’Oran. L’accord prévoyait par ailleurs le règlement à l’amiable des différends entre les deux compagnies, alors que Total et l’espagnol Repsol avaient lancé, en mai 2016, une procédure d’arbitrage international pour contester la façon dont Alger avait rétroactivement modifié le partage des profits tirés du pétrole et du gaz. Dans le cadre de son offensive à l’international, Sonatrach, premier groupe pétrolier africain et douzième dans le monde, a signé divers accords avec l’italien Eni et l’Irak. Elle a également réalisé de nouvelles découvertes au Niger, prospecté au Mali et s’apprête à faire son retour en Libye.