Le football algérien est à découvert. Ce n’est un secret pour personne. Chaque saison, la dette des clubs «professionnels» atteint des chiffres colossaux. Les mécanismes mis en place pour «réguler» les dépenses n’ont jamais donné de résultats. A un moment donné, chaque partie essaie de rejeter la faillite sur une autre. C’est ce qui se passe avec Abdelkrim Medouar, président de la Ligue de football professionnel (LFP), et la Chambre de Résolution des Litiges (CRL) qui traite les plaintes des joueurs non-payés.

Par Mohamed Touileb
La certitude qui se dégage c’est que le mandat, qui a expiré depuis plus d’un an, de Medouar n’a pas été une franche réussite au niveau de la gestion.
D’ailleurs, à l’issue de la saison 2020-2021, rien que le déficit salarial des clubs de la D1 Pro était énorme : 86 milliards de centimes en salaire impayés jusqu’à juillet écoulé. Une somme colossale.
À partir de là, on se rend compte de la défaillance et des incohérences qui caractérisent la gestion de la balle ronde Dz dans son palier suprême. On comprend par là que la LFP n’a pas fait autre chose que programmer des rencontres et les domicilier. Le tout, en se montrant approximative dans ce registre.
Notamment quand il s’agit des journées CAF qui se sont entassées finissant par soumettre les représentants africains à un rythme infernal.

Medouar, l’esprit d’un président de club
Qu’à cela ne tienne, le danger est ailleurs. Et il est aussi d’ordre économique pour une balle ronde en proie à une banqueroute avérée. Et Medouar a trouvé le bouc émissaire dans l’histoire. Il s’agirait de la CRL qui serait coupable d’ingérences dans les affaires des clubs et qui aurait outrepassé son rôle. Le patron de la LFP évoque des «anomalies dans les décisions prises par la structure, notamment des dépassements, en prenant la défense des clubs lésés, d’après lui, puisque plusieurs joueurs ont été libérés sans le moindre droit» ajoutant que cette mesure de libération automatique a «créé un désordre financier» qui a précipité «la crise vécue par le football professionnel». En tant que (ancien) président de l’ASO Chlef, Medouar prend la défense des clubs. Même si ces derniers se permettent de ne pas honorer leurs engagements avec les joueurs. Ce qu’il faut savoir c’est que tout footballeur qui n’est pas payé pendant une période de 3 mois est, de facto, considéré comme libre. Il peut donc demander un transfert vers un autre club lors du mercato. Et ce, sans que son ancien club ne soit indemnisé.

La réponse cinglante de la CRL
Désormais, les «employés» n’hésitent plus à recourir à cette «clause» qui défend leur droit. En saisissant la CRL, le joueur met le litige dans un cadre «juridique» et se protège sur le plan légal. Ces «sorties» gratuites vers un autre club représentent un sacré manque à gagner. Mais ceci peut aussi être une «contrebalance» pour les mensualités non-versées qui peuvent même dépasser la valeur d’un transfert dans certains cas.
À partir de là, on peut estimer que Medouar a mal-apprécié la situation. D’ailleurs, la CRL n’a pas manqué de lui conseiller de «concentrer ses efforts sur la valorisation et le développement du football national, d’appliquer les règlements nationaux et internationaux et stopper les tiraillements dont le football national en est le plus grand perdant». C’est la priorité véritable pour un sport roi caractérisé par une débandade avérée.