Le chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le Général d’Armée Chanegriha Saïd, a entamé hier une visite officielle en France, sur invitation du chef d’Etat-major des Armées françaises, le Général d’Armée Thierry Burkhard. Une première depuis 17 ans. Signe de la haute symbolique de cette visite et qui marque un grand pas dans le rapprochement algéro-français, notamment sur le plan sécuritaire.

PAR NAZIM BRAHIMI
«Sur invitation de M. le Général d’Armée Thierry Burkhard, Chef d’Etat-major des Armées françaises, M. le Général d’Armée Chanegriha Saïd, Chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire, entame une visite officielle en France, à partir d’aujourd’hui (hier lundi, NDLR) 23 janvier 2023», a indiqué un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).
Cette visite, qui s’inscrit dans le cadre du «renforcement de la coopération entre l’Armée nationale populaire et les Armées françaises, permettra aux deux parties d’examiner les questions d’intérêt commun», a ajouté la même source.
A forte charge symbolique au vu des relations qu’entretiennent les deux pays et du poids de l’histoire sur ces relations, cette visite, la première en 17 ans d’un patron de l’ANP en France après celle de Gaïd Salah en mai 2006, intervient à quelques mois de celle qu’effectuera le président Tebboune à Paris, annoncée pour le mois de mai prochain. Le chef d’Etat-major Chanegriha a été reçu hier par le président français Macron auquel il a remis une lettre de son homologue algérien, le président Tebboune.
M. Chanegriha avait rencontré son homologue français, au mois d’août dernier à l’occasion de la visite du président français Emmanuel Macron en Algérie. Les deux responsables militaires avaient alors évoqué la situation sécuritaire au Sahel et abordé le renforcement de la coopération entre les armées algérienne et française.
Il faut rappeler que la déclaration Alger «pour un Partenariat renouvelé» entre l’Algérie et la France, signée par les présidents Tebboune et Macron, évoque la coopération dans les domaines militaire et sécuritaire entre les deux pays. «Pour les questions de défense et de sécurité, les chefs d’Etat réuniront les responsables des deux pays sur le modèle de la réunion de Zeralda du 26 août 2022, chaque fois que nécessaire», est-il écrit dans la Déclaration, précisant que «ce Haut Conseil se tiendra tous les deux ans, alternativement à Paris et à Alger selon les modalités à définir ultérieurement».
Pendant la même visite, faut-il le souligner, M. Tebboune a présidé avec son homologue français une réunion des responsables des services de sécurité des deux pays, à laquelle ont pris part, du côté algérien, le Général d’Armée Saïd Chanegriha, Chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le directeur général de la lutte contre la subversion, le directeur général de la sécurité intérieure (DGSI) et le directeur général de la documentation et de la sécurité extérieure (DGDSE).
Ont participé à la rencontre, du côté français, le ministre des Armées, M. Sébastien Le Cornu, le Chef d’Etat-major des armées, le Général d’Armée Thierry Burkhard, et le directeur général de la sécurité extérieure, avait indiqué un communiqué de la Présidence de la République.
Cette réunion de coordination était «la première du genre à ce niveau depuis l’indépendance, les deux parties ayant procédé à un échange de vues sur les questions de sécurité d’intérêt pour les deux pays», avait souligné le communiqué, ajoutant qu’elle «vient confirmer la volonté des présidents des deux pays de développer les relations bilatérales dans divers domaines pour les hisser au niveau escompté». A Alger, M. Macron a abordé le contexte régional et international en déplorant les «nombreux conflits et crises» qui secouent le monde. Il avait tenu à saluer «l’implication» du président Tebboune pour le respect et le suivi de l’accord de paix et de réconciliation au Mali, tout en renouvelant son intention de «renforcer la coopération» pour la lutte contre le terrorisme.
M. Tebboune a affirmé, au mois de décembre dernier lors de sa dernière entrevue avec les représentants des médias nationaux, que «la coopération sécuritaire qui lie les deux Etats au plus haut niveau a franchi un grand pas». C’est ce que suggère de lire, à bien y regarder, la visite de Chanegriha en France. <