Les cas de violences enregistrés ces derniers jours contre le personnel de la santé ont fait réagir le département de la Justice qui plaide ainsi pour des sanctions « rigoureuses » contre les fauteurs.
En effet, le ministre de la Justice Belkacem Zeghmati a émis, hier, un mémorandum de travail aux procureurs généraux, les enjoignant de prononcer de « sévères réquisitoires » contre les auteurs d’agressions contre le personnel soignant, notamment en ces temps de crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus.
Cette note, qui marque la mobilisation du ministère de la Justice pour la protection des professionnels de la santé, suite à la recrudescence des actes de violence contre le corps médical, est de nature à donner une assise légale à ce qui devrait être un plan de lutte pour freiner la répétition de ce genre d’agressions qui tendent à transformer certains sites en arène.
« Suite à la propagation du phénomène d’agression contre le personnel médical, paramédical et directeurs d’établissement de santé, le garde des Sceaux a adressé un mémorandum aux procureurs généraux près les tribunaux pour les sensibiliser sur la gravité du phénomène et les inviter à agir avec fermeté contre les auteurs d’agressions », lit-on dans un statut diffusé sur la page facebook officielle du ministère.
Le département de Zeghmati exige de recourir automatiquement à l’arrêt des personnes qui commettent de tels actes et à prendre des mesures d’arrestation pour les traduire devant la justice en prononçant de sévères réquisitoires devant les juges. « Je vous demande de procéder automatiquement à l’arrestation des auteurs de violences et de les placer en détention et de prononcer de sévères réquisitoires devant le juge d’instruction », instruit M. Zeghmati. « Je vous demande de faire appel dans le cas où le verdict n’est pas conforme aux réquisitoires », a-t-il ajouté.
Depuis quelques années, aucune structure hospitalière n’échappe à la violence et à l’insécurité, un phénomène qui semble prendre de l’ampleur avec la propagation du coronavirus et la pression qu’elle a générée dans les établissements de santé.
Cette réaction intervient après ce qui a été enregistré hier dans la wilaya de Bouira où le Directeur de l’hôpital de la ville s’est jeté par la fenêtre de son bureau pour éviter une agression des membres de la famille d’une victime de coronavirus. Les membres de la famille du défunt voulaient récupérer le corps de leur proche sans les résultats des analyses d’usages en cette période de crise sanitaire du coronavirus.